Gilles Fuchs : « Chez les artistes français, l’humain triomphe ! »
Art contemporain

Gilles Fuchs : « Chez les artistes français, l’humain triomphe ! »

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Art contemporainGilles Fuchs : « Chez les artistes français, l’humain triomphe ! »

La scène artistique française, en pleine ébullition, s’impose au-delà de nos frontières. Quelques semaines après la tenue à Paris de la FIAC, foire internationale d’art contemporain, Gilles Fuchs, le président et co-fondateur de l’Association pour la Diffusion de l’Art Français (ADIAF), nous éclaire sur l’attrait artistique que la France exerce.

Un événement comme la Fiac est-il propre à consolider le rôle de la France, sur le marché international de l’art contemporain ?

 

Gilles Fuchs : Plus de 4 000 artistes représentés, presque 200 galeries, plus de 70 000 visiteurs dont au moins 30% d’étrangers… La Fiac consolide sa place parmi les rassemblements artistiques mondiaux les plus importants de l’année. Cela dit, il ne faut pas négliger l’intensité de l’activité des différents salons, foires et expositions, qui se tiennent en France tout au long de l’année. Ces évènements ont des retombées économiques considérables et assurent tout autant la visibilité de la France. Voyez par exemple le retentissement mondial de la collection Chtchoukine exposée à la fondation Louis Vuitton.

 

Est-ce pour autant le signe d’une place plus importante des artistes français sur le marché international de l’art ?

 

G.F : Il faut ici distinguer le marché et l’art. Les artistes français disposent depuis quelques années d’une reconnaissance mondiale très importante, ils sont présents dans de nombreuses galeries internationales, ils obtiennent des prix prestigieux. Une nouvelle génération, incarnée par des artistes comme Pierre Huyghe, Cyprien Gaillard, Kader Attia, Camille Henrot ou Céleste Boursier-Mougenot, s’impose dans l’imaginaire collectif par la force de leur réflexion et la puissance de leurs œuvres. Chez eux, toujours, l’humain triomphe ! Et l’ampleur de leur vision en impose. Sont-ils pour autant les mieux cotés ? Non. De même que leurs précurseurs, Annette Messager ou Christian Boltansky sont célébrés de par le monde sans pour autant jouer les blockbusters. Sur le marché, ce sont les acheteurs qui font la loi et les Américains exercent une domination sans partage. Des œuvres ridicules partent parfois pour un prix exorbitants, sous couvert d’être à la « mode » et prisées par certains collectionneurs. Aussi faut-il distinguer la reconnaissance par le monde de l’art et celle par le marché, toutes deux ne sont pas  de même nature.

 

Par la création du prix Marcel Duchamp, remis cette année à l’artiste Kader Attia, l’objectif n’est-il pas de convertir un succès d’estime en succès économique ?

 

G.F : Quand nous avons fondé l’ADIAF au milieu des années 1990, nous nagions en plein marasme. La France semblait avoir perdu tout ce qui avait fait sa gloire et son influence artistique, dans la période de l’après-guerre. La création du prix Marcel Duchamp - près de 70 artistes français ou résidents en France distingués depuis 2000, en partenariat avec le Centre Pompidou – a, je crois, beaucoup contribué à soutenir le renouveau artistique actuel. La France manquait par exemple d’un réseau de collectionneurs actifs. Nous avons commencé avec une centaine d’entre eux, ils sont aujourd’hui 400. Nous avons fait comprendre que la constitution d’une collection était chose sérieuse, qu’elle représentait un marché important par rapport à celui des musées et qu’il fallait s’en saisir. Même si nous croyons avant tout à la force d’un rayonnement artistique et intellectuel, il s’agit aussi bien sûr de consolider le pouvoir économique de l’art contemporain français.

 


L’ADIAF :  

Fondée en 1994 et présidée par Gilles Fuchs, l’Association pour la diffusion internationale de l’art français (ADIAF) regroupe 400 collectionneurs d’art contemporain engagés intensément dans l’aventure de la création. Collectionneurs privé et mécènes travaillent en partenariat étroit avec les institutions publiques. Ensemble, ils  contribuent au rayonnement international de la scène artistique française et sensibilisent le grand public à la vitalité de la création contemporaine.

 

 

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