La French Tech révolutionne l’image de la France
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La French Tech révolutionne l’image de la France

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La French Tech incarne l’ambition, commune à tous les acteurs du secteur technologique, de projeter une image de la France conforme aux prouesses réalisées. Patrick Bertrand, directeur général de Cegid, une société spécialisée dans l'édition de logiciels de gestion et de systèmes d'information pour les entreprises, et Président de Lyon French Tech, dresse un bilan de cette initiative.


La French Tech est devenue un label. Quelle image projette-t-il ?

Patrick Bertrand : La notion de label est très pertinente. Il s'agissait depuis la création par le gouvernement de l'initiative de la French Tech, d'attirer l'attention sur ce qui se passait en France en matière d'innovation. Et alors que la période ne s'y prêtait pas particulièrement - l'ambiance était plutôt au French bashing - nous avons réussi, d'un seul coup, à changer complètement l'image de la France. C'est exceptionnel.

Beaucoup d'entreprises privées rêveraient d'installer une marque aussi rapidement ! 

Aujourd'hui, les atouts de la France dans le domaine de l'innovation technologique sont reconnus à l'international, au point que certains grands groupes mondiaux positionnent leur R&D en France, tandis que des entreprises françaises - je pense à Criteo, par exemple - qui vont à l'international, maintiennent leurs équipes de R&D en France pour la même raison.

 

Justement, quels sont les atouts de la France et de Lyon en particulier ?

P.B : D'abord la qualité de ses chercheurs, ingénieurs en informatique, techniciens, codeurs, etc. Ensuite, le crédit d'impôt, qui réduit les coûts de la R&D en France et rend le pays très compétitif. Enfin, ajoutée aux moindres coûts et à la qualité des professionnels du secteur, la loyauté des salariés est meilleure en France. C'est un enjeu essentiel pour des entreprises comme Cegid, par exemple, et c'est un vrai problème dans la Silicon Valley, puisque les salariés se font débaucher très facilement, grâce à une offre salariale supérieure. A Lyon, ville qui a obtenu le label French Tech en 2014, nous mettons en avant notre expertise dans la robotique, les logiciels, le big data, les contenus créatifs et les plates-formes web. Ces filières s'appuient sur des structures comme le pôle de compétitivité Imaginove (qui rassemble 160 entreprises rhônalpines du jeu vidéo, du cinéma, des nouveaux médias et de l’édition numérique) et le cluster Edit (dévolu aux logiciels et services).

 

Quel chemin reste-t-il à parcourir ?

PB : Nous constatons un décalage entre les besoins des entreprises et la “production” de spécialistes opérée par le système éducatif français. Les codeurs, les spécialistes du marketing digital et des juristes spécialisés dans les problèmes liés à l'exploitation de la data font défaut. Et à mesure que les entreprises classiques opèrent leur révolution numérique, ces besoins augmentent. L'enjeu est donc de taille.

 

Comment régler ce problème ?

PB : Des initiatives privées, comme celle de Xavier Niel avec l'École 42, sont essentielles, mais l'éducation nationale doit aussi faire preuve de plus d'agilité et ne pas se concentrer sur les seules grandes écoles. Au-delà du parcours de base, important pour créer des citoyens qui savent réfléchir, des formations techniques, plus ouvertes, doivent être mises en place. Le digital est un élément fantastique d'inclusion.

 

"Nous ne devons pas être seulement une “start-up nation”, nous devons être une “digital nation”, tournée sur le monde."

 

Pas besoin d'un bac pour apprendre à coder dans les écoles comme 42, la Web Académie ou Simplon. Si ces jeunes sont bons, ils peuvent entrer dans ces écoles et y apporter leur créativité. Ils sont d'ailleurs courtisés par des entreprises avant même d'avoir fini leur formation ! 

Je terminerai par ce constat : nous avons de très belles start-up. La dernière délégation française au CES de Las Vegas était à cet égard exemplaire. Mais ces start-up doivent se transforment en ETI, puis en grands groupes internationaux.

Nous avons de nombreux  incubateurs et accélérateurs, mais nous devons mieux épauler la croissance internationale de ces start-up.

 

Nous ne devons pas être seulement une “start-up nation”, nous devons être une “digital nation”, tournée sur le monde. Le développement économique et l'avenir de la France en dépendent.

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