Le stand Agriculture 4.0 de la 54e édition du Salon de l'agriculture
© Foucha Dherines
Bilan

Le Salon de l’Agriculture, vitrine de l’agriculture française moderne

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BilanLe Salon de l’Agriculture, vitrine de l’agriculture française moderne

Retour sur la 54e édition du salon international de l’agriculture et perspectives, avec Jean-Luc Poulain, président du salon et aussi agriculteur dans les hauts de France.


L’édition 2017 aura-t-elle témoigné de l’excellence de l’agriculture française ? 

Jean-Luc Poulain : Elle aura surtout contribué à l’image d’une agriculture française en pleine modernisation.  Toutes nos filières – élevage, végétaux, produits, services et métiers de l’agriculture – ont compris que leur avenir repose sur la passion qui anime une toute nouvelle génération de jeunes agriculteurs, et sur l’innovation, bien sûr. Plus concrètement, cette 54e édition a mis l’accent sur l’hyper-modernité de notre agriculture et sa connexion directe avec les changements sociétaux, économiques, environnementaux, technologiques en cours. Enfin, le concours général agricole a vraiment révélé au public l’excellence de la génétique française.

 

 

Quelle est la place du numérique aujourd’hui dans l’agriculture française ?

J.-L.P. : L’agriculture française est entrée dans l’ère numérique depuis plusieurs années déjà. Les nouveaux outils nous permettent d’avoir des pratiques qui ont moins d’impact sur l’environnement, des robots qui ciblent très précisément les zones à traiter avec des doses minimes de produits phytosanitaires. Les robots peuvent aussi suppléer au manque de main d’œuvre et de retrouver des marges de compétitivité. Le numérique est également très présent dans le machinisme avec des systèmes de repérage par GPS des parcelles et l’installation de palpeurs dans les charrues. Les machines sont aujourd’hui plus confortables pour les agriculteurs, plus performantes et favorisent des gains de temps considérables. Même si évidemment leur prix augmente.

 

Quels sont les leviers de succès pour l’agriculture française à l’avenir ?

J.-L.P. : Plus que jamais, les contraintes actuelles, notamment réglementaires, incitent les acteurs du monde agricole à reconsidérer les ressources naturelles, mais aussi à redynamiser leur organisation et leurs méthodes pour produire durablement et de façon optimale, toutes agricultures confondues. Nous avons la chance d’avoir de nombreux atouts : un bon climat, de bonnes terres et de bons parcours de formation. Nous savons faire des productions à haute valeur ajoutée, notamment dans le vin. Il faudrait surtout que nous soyons à armes égales avec nos concurrents et que les réglementations européennes soient respectées de la même façon dans tous les pays. En France, l’administration a tendance à rajouter des contraintes qui nous pénalisent. Il faut simplifier les formalités tout en restant dans son temps. Il n’est pas question de revenir au XIXe siècle. La France a du potentiel, des savoir-faire et des talents. Qu’on nous laisse les exprimer !

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