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Hoomano et l'INPI étaient présents à Viva Tech, le salon international dédié aux innovations technologiques et aux start-up, qui s'est tenu en mai dernier, à Paris.
Propriété intellectuelle
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Les Français apprennent à manier l’art du brevet

L’actif immatériel que représente un brevet sur une technologie est bien souvent sous-évalué, en particulier en France, où la propriété intellectuelle est moins intégrée que dans la culture anglo-saxonne. Et pourtant, il compte dans la valorisation d’une entre-prise. Cyril Maitrejean, cofondateur d’Hoomano, PME spécialisée dans les technologies intelligentes d’interaction homme-machine, et Céline Mathevet, déléguée régionale adjointe de l’Inpi Auvergne-Rhône Alpes à Lyon, racontent comment ils ont fait du dépôt de brevet un atout stratégique.

 

Comment les questions de propriété intellectuelle ont-elles surgi dans l’environnement d’Hoomano ?

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cyril_maitrejean_credit_alexandre_moulard.jpg, par AdminLetsGo

Cyril Maitrejean : Pour une start-up, la propriété intellectuelle n’est pas un objectif un soi, mais une habitude à prendre au quotidien ; c’est une difficulté supplémentaire pour un entrepreneur qui se familiarise en parallèle avec la comptabilité, la finance, etc. L’Inpi fait un bon travail de sensibilisation et débloque des budgets pour accompagner des sociétés sur la propriété intellectuelle. Pour nous qui développons de l’innovation – logiciels d'interactions homme-machine –, c’est crucial.

 

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celine_mathevet_2017.jpg, par AdminLetsGo

Céline Mathevet : Pour détecter les entreprises et start-up innovantes qui auraient besoin de nos services, nous travaillons en réseau avec d’autres acteurs de l’innovation : pôles de compétitivité, SATT, chambres de commerce, Bpifrance, Business France etc. Dans le cas d’Hoomano, nous sommes entrés directement en contact avec eux début 2017 pour faire un premier point avant de lancer un accompagnement personnalisé.

 

En quoi la propriété intellectuelle (PI) est un domaine stratégique, et plus particulièrement pour une start-up comme Hoomano ?

Cyril Maitrejean : La PI est stratégique dans deux dimensions, l’une, défensive, de protection contre la copie, la contrefaçon etc., et l’autre, offensive, qui permet de créer de la valeur. Dans le monde de la tech, avoir un asset comme un brevet apporte très clairement de la valeur, économique, à la société.  en conférant de la légitimité auprès d’éventuels partenaires, mais aussi  des investisseurs, qui y sont très attentifs au moment de leur décision de financement. C’est donc très important pour nous qui sommes en phase de levée de fonds. Avant d’aller à l’international, toute start-up devrait y être sensibilisée !
 

Céline Mathevet : Une fois que le dirigeant a saisi l’importance de protéger ses innovations par des brevets, marques et dessins et modèles, il comprend vite qu’il faut revoir son organisation en interne pour tout ce qui touche au partage des connaissances et à la confidentialité. Dans des entreprises qui grandissent vite, tout le monde n’a pas la même culture sur ce qui est confidentiel ou non : il faut éviter le syndrome passoire ! De manière plus générale, divulguer un concept innovant – ce qui est parfois nécessaire – rend vulnérable : pour les start-ups innovantes, il s’agit donc de sécuriser un certain nombre d’éléments, et le brevet peut faire partie des solutions. Pour les grands groupes qui cherchent à se rapprocher de ces start-ups, le prisme de lecture sera bien souvent l’existence d’un brevet.  

 

Cyril Maitrejean : Travailler avec l’Inpi nous a permis de prendre conscience qu’avant tout brevet, il  faut au préalable impérativement que certaines choses n’aient pas été divulguées ou simplement montrées en public. Cela impose un timing, alors qu’en même temps on a envie de se faire connaître pour prendre une place sur un marché ! Cela doit donc se faire de manière contrôlée.

 

Observez-vous que les start-ups envisagent suffisamment des stratégies PI en tant que méthode de valorisation d'un actif ?

Céline Mathevet : C’est en voie de progression et tous nos chargés d’affaire, en France et à l’étranger, travaillent à cette sensibilisation car pour les start-ups innovantes, qui n’ont pas d’actifs matériels et se valorisent donc autour de la puissance de leur marque et de leur innovation, c’est crucial. L’enjeu est encore sous-évalué, en partie aussi car il demande du temps et des moyens. C’est par exemple plus ancré dans la culture aux États-Unis, où le brevet introduit plus directement qu’en France une valeur monnayable pour l’entreprise.

 


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