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GE Healthcare a collaboré avec Medicen Paris Région sur de nombreux projets comme Discovery IGD 730 (imagerie médicale) et la création du pôle de recherche - Hecam - sur le cancer du foie
E-santé

Medicen, tremplin de la biotech française

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E-santéMedicen, tremplin de la biotech française

Premier pôle de compétitivité en Europe dédié à l’innovation en santé, Medicen Paris Région est au carrefour de la recherche académique et clinique, de l’industrie et de l’entrepreneuriat. Dans le viseur de Jean-François Boussard, son directeur délégué au territoire : l’émergence de projets collaboratifs d’envergure pour asseoir le leadership français dans les biotechnologies, les technologies médicales et la santé numérique.

Comment évaluez-vous le secteur français des biotechnologies ?  

Jean-François Boussard : De tous les pays européens, c'est la France qui possède la plus grande capacité à créer des entreprises de santé innovantes et reconnues mondialement. Malgré cela, nous avons encore du chemin à faire quant au développement : pas assez de ces jeunes pousses grandissent et deviennent des ETI, encore moins des leaders mondiaux. 

 

Comment se positionne Medicen dans l'écosystème innovation et santé en France ?

J-F. B : En tant que pôle de compétitivité, nous devons contribuer à réindustrialiser la France dans le secteur de la santé. Nous nouons donc des partenariats afin de dynamiser le secteur, et de créer une culture partagée du transfert technologique et de l’innovation.  Avec l'ensemble de nos membres, nous représentons 50% du potentiel de recherche français en la matière. Et nous avons cette faculté à faire se rencontrer des forces qui d’habitude ne se croisent pas. Notre spécificité est que nous sommes un tiers de confiance neutre : notre action a pour horizon l'intérêt général.

 

"Nous avons en France la meilleure capacité d’Europe à créer des entreprises de santé innovantes et reconnues mondialement." Jean-François Boussard

 

Quel est votre périmètre d'action ?

J-F. B : Notre premier travail est de favoriser l’émergence de nouveaux projets, à partir des besoins exprimés par les cliniciens. Nous réunissons entreprises (grandes entreprises, start-ups et PME/TPE), monde académique et collectivités territoriales. L’idée est d’identifier des problématiques qui à la fois répondent à des besoins médicaux « non couverts » et à un intérêt majeur de la part des industriels. Nous structurons ces projets collaboratifs en consortiums, les amenons au financement puis les apprécions selon une série d’indicateurs (brevets déposés, emplois générés, levées de fonds etc.) qui permettent une évaluation par l’État et les financeurs du Pôle.

 

Quelle récente collaboration illustre le mieux l'action de Medicen ?

J-F. B : Hecam, par exemple, est né d’un besoin industriel exprimé par Guerbet pour finalement déboucher sur un projet de recherche multitechnologique et d'intérêt général sur le carcinome hépatocellulaire (ou cancer primitif du foie, ndlr). Le consortium, portée par GE Healthcare, réunit pas moins de douze partenaires, publics et privés, dont des PME, et des acteurs universitaires tels que l’AP-HP ou l’Inserm.

À côté de cela, nous accompagnons aussi d’autres projets, déjà mis sur pied. Nous les labellisons, ce qui est parfois un pré-requis pour qu'ils obtiennent un financement.

 

Êtes-vous optimiste quant à la capacité des entreprises et chercheurs français à s'imposer dans ce secteur de la santé ?

J-F. B : Au milieu de cette vague de création de jeunes entreprises, on discerne un premier mouvement de consolidation : le volet croissance externe des entreprises commence à se développer via une dynamique de fusions/acquisitions au sein même du marché français, c’est une bonne nouvelle.

Les moyens financiers français se développent : le plus gros fonds d'investissement européen de l’histoire consacré aux technologies médicales et aux biotechnologies, BioDiscovery 5, vient d’être créé en France, (par Andera Partners, ex-Edmond de Rothschild Investment Partners, NDLR) et, toujours dans l’Hexagone, nous observons une augmentation significative des dotations en fonds propres alloués par les sociétés de capital-risque, sans compter les autres moyens de financement. Il y a également un enjeu à pouvoir rayonner au-delà de nos frontières. A l’échelle européenne et internationale, Medicen est partenaire du consortium européen inDemand, qui associe des organismes public-privé dans le domaine de l'innovation médicale, et nous sommes co-organisateur du Forum Franco-Québécois de l’Innovation en Santé (FFQIS).

L’écosystème français, en résumé, est riche, reconnu mondialement et fonctionne bien, avec ce vrai challenge pour demain qui est de réussir la croissance, avec le passage de PME à ETI.

 

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