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Plasturgie

S2P, poil-à-gratter français de la plastronique

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PlasturgieS2P, poil-à-gratter français de la plastronique

Rendre les plastiques intelligents grâce à l’électronique : c’est l’ambition de la plastronique. Depuis la « Plastics Vallée » dans l’Ain, la start-up S2P est l’une des pionnières dans le domaine. Interview de Maël Moguedet, son fondateur.

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mel0109_linked_in_mmo.jpg, par AdminLetsGo

« Plastronique », le terme rappelle l’optronique et la mécatronique. De quoi s’agit-il ?
Maël Moguedet : Alors que l’optronique et la mécatronique marient respectivement l’optique et la mécanique avec l’électronique, la « plastronique », c’est le mariage entre plasturgie et électronique. Pour la plasturgie, c’est une formidable opportunité de monter en valeur. On miniaturise des systèmes électroniques qui étaient auparavant logés sur des cartes électroniques et on les intègre directement dans les supports plastiques, grâce à des procédés innovants. Cela permet de gagner en place, en poids ou en volume. La plastronique est déjà largement utilisée pour fabriquer les antennes des téléphones et des ordinateurs. Elle se développe aujourd’hui fortement pour les capteurs dans l’automobile et pour la domotique.

Avec ses 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires, la plasturgie recrute (+24% de besoins exprimés en 2015) et attire de plus en plus les jeunes (+8% d’élèves en 2014). De plus, la France contribue activement au développement du secteur : 7% des brevets plastiques et composites déposés sont français.

 

Votre start-up, S2P a été créée en 2014 en s’appuyant sur des travaux de R&D menés au Centre technique industriel de la plasturgie1. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

M.M. L’idée qui a présidé à la création de S2P, c’est de diffuser au maximum les nouveaux procédés de plastronique auprès des industriels. Nous sommes là pour combler le trou entre la R&D et la pièce finale, en faisant de la conception et de la fabrication en série. Cela demande un peu de temps, parce qu’il faut mettre autour de la table des plasturgistes, des chimistes et des électroniciens. Nous avons eu la chance d’être labélisés « plateforme mutualisée d’innovation » par le programme Investissements d’avenir, ce qui nous apporte un coup de pouce financier. Aujourd’hui, nous sommes heureux de voir que nous avons de plus en plus de demandes de prototypage. Il faut dire que nous sommes la seule entité française à proposer ce genre de prestations. Notre première production en série devrait avoir lieu en 2018, pour l’industrie aéronautique. Nous avons une dizaine de salariés et nous préparons une levée de fonds.

 

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mel0109_mg_7845.jpg, par AdminLetsGo

En matière de plastronique, les industriels allemands ont une longueur d’avance avec le procédé LDS. Quels sont les atouts de la France pour devenir leader ?

M.M. Le procédé de gravure directe par laser (LDS) de l’Allemand LPKF est certainement le plus mature, celui que nous demandent le plus les industriels. Mais il y aura d’autres procédés à l’avenir, sur lesquels la France a de sérieux atouts. Un procédé très intéressant, que nous regardons de près, c’est l’électronique imprimée sur film. Nous la testons via le projet R&D collaboratif Armature. Plusieurs grands groupes français s’y intéressent, ainsi que des grands laboratoires de recherche comme le CEA. L’équipementier automobile Faurecia a investi récemment dans une start-up prometteuse, Tactotek, pour ses futures interfaces homme machine. Autre procédé d’avenir, la fabrication additive en 3D qui fusionnera électronique et plastique. Schneider Electric a créé la chaire de recherche MINT à l’école d’ingénieurs INP Grenoble, sur ces sujets. Sur ce procédé, la France n’en est qu’au début, il est encore possible de créer la rupture.

Le Centre technique industriel de la plasturgie et des composites (IPC) est issu de la transformation du pôle européen de plasturgie.

 

Que vous évoque #LetsgoFrance ?

MM. Allons-y, retroussons-nous les manches. Montrons notre savoir-faire !

 

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mel0109_mid_sphere_previw.jpg, par AdminLetsGo

Qu’est-ce qui fait selon vous l’attractivité de la France ?

M.M. Son ingéniosité et sa créativité.

 

Par quel exemple l’illustreriez-vous ?

M.M. Par toutes les start-up que nous avons en France liées aux numériques. Dans les objets connectés, nombre d’entre elles sont hyper créatives.

 

Si vous étiez Ministre de l’économie, quelle serait votre première réforme ?

M.M. Je réduirais les charges sur les entreprises.

 

Finalement, la France de demain, en 3 mots, vous l’imaginez comment ?

M.M. Créative, belle, optimiste !


1. Le Centre technique industriel de la plasturgie et des composites (CTI-PC) est issu de la transformation du pôle européen de plasturgie.

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