Sous les fraises
Agriculture urbaine
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Sous les pavés ? Les fraises d’une nouvelle agriculture urbaine

Sous les fraises s'est lancée un défi de taille : rétablir une exploitation maraichère en ville. En 2018, cette start-up pionnière a ouvert à Aubervilliers la plus grande ferme aquaponique urbaine de France. Explications de Yohan Hubert, cofondateur de Sous les fraises.

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numerisation0002.jpg, par AdminLetsGo

Vous avez fondé Sous les fraises en 2015, une entreprise qui  veut rétablir la culture des végétaux comestibles  en milieu urbain. Rien que ca ! Concrètement, comment allez-vous faire ?

Yohan Hubert : Nous avons la formation, l’approche holistique et l’innovation avec nous ! Notre force vient à la fois d'un mélange de grandes compétences techniques et d'une connaissance pointue de l'urbanisme, des moyens de production, et des méthodes de commercialisation des végétaux. Je suis moi-même diplômé en agriculture et en biologie. Nous sommes concepteurs de nos solutions, installateurs, producteurs, et distributeurs. Cette autonomie nous pousse à innover. Nous avons par exemple récemment développé une technologie qui permet de récupérer les « eaux grises » d'un bâtiment, et de les transformer en eau potable grâce à un filtre biologique pour irriguer des cultures. En décembre, nous inaugurerons à Paris le premier bâtiment au monde équipé de ce procédé.

 

Vous avez récemment créé Farmhouse Aubervilliers en partenariat avec Icade. Il s'agit d'une ferme urbaine de 1000 m2 dont 500 m2 de jardins, et qui fonctionne  sur le principe de l'aquaponie. Pourquoi l’avez-vous choisi ?

Y. H. : L'aquaponie est une technique de culture hors sol au même titre que l’hydroponie. La principale différence, et pas des moindres,est que l'hydroponie recourt à des engrais minéraux et chimiques pour nourrir les plantes. C'est pour cela que nous n'utilisons jamais cette technique chez Sous les fraises. A l'inverse, une ferme aquaponique se base sur un fonctionnement totalement écologique : elle accueille des bassins peuplés de poissons dont les déjections servent à alimenter les végétaux.

 

Au sein de Farmhouse Aubervilliers, vous élevez des truites et produisez plus de 8 000 plantes et fleurs comestibles. Comment fonctionne cette ferme ?

Y. H. : Nous souhaitions créer un espace pleinement vertueux qui ne nécessite pas de refroidir ou réchauffer l'eau. Nous avons donc mis en place un système de filtration gravitaire qui permet à l'eau de circuler à travers une succession de bassins. Les déjections des poissons sont aspirées par un filtre et renvoyées vers des membranes hydrobiologiques composées de chanvre et de laine de mouton, une technologie de culture que nous avons développée et brevetée. Ces dernières forment un système raffinaire dans lequel vivent des micro-organismes qui transforment les déjections en matière pour alimenter les plantes, sans recours nécessaire à aucun pesticide ou herbicide. Autre particularité de ce site : il est doté d'un restaurant calibré pour une trentaine de repas quotidiens et dans lequel le client mange exclusivement les poissons et végétaux de saison produits sur place. Les revenus générés associés à ceux de la revente de notre production donnent une viabilité à notre modèle économique.

 

D'après la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations), l'agriculture urbaine fournit déjà de la nourriture au quart de la population urbaine mondiale. Cette tendance devrait s'accroître d’ici 2030. Les méthodes développées par Sous les Fraises permettent-elles de répondre à ce défi ?

Y. H. : Cette question est assez complexe. Tout dépend du nombre de personnes à nourrir dans une ville ou de l'accès aux ressources sur chaque territoire. Je dirais qu'il s'agit plutôt d'une solution parmi d'autres. De plus, on observe depuis quelques années un changement des habitudes alimentaires avec une hausse de la consommation de légumes au détriment des aliments d'origine animale. On peut donc imaginer que la demande de fruits et légumes va encore grimper. Il est par exemple nécessaire d'avoir une politique de développement des cultures maraîchères autour des villes. L'approche la plus raisonnable reste d'aller dans plusieurs directions et de s'appuyer sur différentes techniques respectueuses de l'environnement.

 

A contrario, d’autres voix avancent que l'agriculture hors-sol ne serait finalement pas si écologique. Dépenses énergétiques en chauffage, lumières artificielles, faible retraitement des rejets d'eau... Nourrir plus de personnes au détriment de la planète ?

Y. H. : Beaucoup de fermes hydroponiques et aquaponiques recherchent avant tout la rentabilité, et ne sont ni plus ni moins qu'une continuité du modèle productiviste actuel. Utiliser des pompes, réchauffer l'eau, allumer des lumières artificielles, sont une aberration environnementale. Il ne faut cependant pas généraliser ces pratiques et conclure que l'hydroponie ou l'aquaponie sont de mauvaises solutions. Nous en sommes un exemple ! Dans notre ferme d'Aubervilliers, nous avons privilégié la qualité sur la quantité parce que Sous les fraises est un acteur engagé qui vise la rentabilité économique, sociale et environnemental. Tous nos produits sont consommés sur placeL'aquaponie reste donc une option intéressante, mais il faut être vigilant sur sa mise en œuvre pour ne pas qu'elle se transforme en contre-solution.


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