Fini le cogito ergo sum, place à l’action ! Catherine Lespine, directrice générale de l’Inseec, 1er groupe privé d’enseignement supérieur et de recherche,  partage ses convictions et nous dit comment entreprendre peut nous donner une raison d’être.  

Les jeunes français ont un désir indéniable d’entreprendre. Nous le ressentons dans nos écoles : presque 15% de  leurs quelque 45 000 alumnis (anciens élèves) sont des entrepreneurs. Nos élèves débordent d’une nouvelle volonté, souhaitent explorer toutes les options possibles et agir différemment. Cette jeunesse est en train de construire un projet de société où entreprendre va créer du lien, et où le lien nourrira à son tour l’esprit d’entreprise. Je crois à cette énergie communicatrice et à l’avènement de ce cycle fertile et vertueux. Et ce, pour plusieurs raisons. 

« Quand le sens fait défaut, l’engagement n’est pas au rendez-vous ». 

Il y a tout d’abord un questionnement des valeurs du travail. A quoi ça sert de travailler ? Qu’est-ce que j’apporte à la société ? Au-delà des chiffres, où est le résultat de mon effort ?  La presse a d’ailleurs récemment proposé une série d’articles sur les cas de Bore Out. Quand le sens fait défaut, l’engagement n’est pas au rendez-vous. Aujourd’hui, les start upers qu’accueille Innov’Inseec préfèrent créer leur propre emploi, pour répondre aux challenges qui comptent réellement pour eux. Dès lors qu’ils deviennent acteurs, ils entrevoient la finalité avec plus de clarté.

Ensuite, nous vivons une transition économique importante, où se conjuguent TIC et enjeux de développement durable. De nos jours, il est insensé de produire un bien ou un service sans intégrer ces deux dimensions, à l’aune du local, notamment. C’est pourquoi je constate une implication territoriale des entrepreneurs, qui s’appuient sur une RSE intégrée à leur stratégie. Derrière une expression aussi marketing que « customer centric » se trouve un mouvement, de plus en plus naturel, de remise de l’usage au cœur de la conception des produits et services. Pour enfin être en capacité de répondre à la question ; A quoi ça sert ? A quoi je sers ?  

« Faut-il abandonner des savoir-faire français ? Non. Nous nous devons d’accompagner leur transformation ». 

Avec le digital, nous avons ouvert la porte des transformations sans fin. S’il crée un terrain propice à la création, il peut aussi donner lieu à des destructions. C’est pourquoi Innov’Inseec milite pour un accompagnement. Nous avons deux programmes : celui qui consiste à créer pour les start upers, plus souvent jeunes, et celui qui consiste à reprendre des entreprises existantes, pour les actifs plus expérimentés. Car faut-il abandonner des savoir-faire français, les laisser derrière ? Assurément non. Nous nous devons de les sauvegarder en accompagnant leur transformation. A terme, de nombreux  métiers seront requalifiés, afin de mieux prendre en compte les impacts environnementaux et sociétaux. Par exemple, les Btpistes deviendront peut-être des spécialistes de la production et de la distribution d’énergie, à partir des bâtiments.
Ceux qui sauront accompagner la transformation verront de nouvelles opportunités s’offrir à eux.  Et c’est avec eux qu’il faudra compter pour faire société.   

Catherine Lespine, directrice générale de l’Inseec

 

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Accompagner l’innovation

L’équipe Innov’Inseec se consacre entièrement à l’accompagnement des start upers et des repreneurs d’entreprises en alliant formation, recherche et réseau. Elle dispose de plusieurs incubateurs en France et à l’international.  Chaque porteur de projet, qu’il s’agisse d’une start-up ou d’une reprise, est accompagné par un alumni. Il bénéficie d’un mécénat de compétences grâce à un dispositif de chèque-heure. Il a aussi un accès facilité au crowdfunding. Les enseignants chercheurs de l’Inseec qui sont des références internationales, sont à sa disposition pour aiguiller et challenger son projet. De nouveaux partenariats se nouent chaque année avec des pôles d’innovation, comme tout récemment à San Francisco et à Londres. Innov’Inseec a lancé en mars dernier un cycle de séminaires appelé Strat’up sur l’innovation pour en comprendre le mécanisme et la porter, à travers tous les secteurs d’activité.  

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