#Letsgofrance a rencontré Olivier Millet, président d'Eurazeo PME et président de l'Afic. Sa conviction : seule une entreprise responsable crée de la valeur dans la durée.

Eurazeo PME est une société d’investissement, filiale d’Eurazeo, dédiée aux investissements majoritaires dans des PME françaises d’une valeur inférieure à 200 M€. Actionnaire professionnel de long-terme, elle apporte à ses participations tous les moyens financiers, humains et organisationnels pour accélérer les transformations et déployer une croissance pérenne.

 

La RSE est un levier de compétitivité. Nos TPE, PME, ETI françaises sont-elles sensibles à cette affirmation ?

Pour répondre à cette question, il faut s’en poser une autre : pourquoi s’interroge-t-on aujourd’hui sur ce sujet ? Parce qu’on parle de bâtir un monde meilleur, plus durable, plus équilibré. Ce monde doit se construire en prenant en compte le rôle croissant qu’y jouent les entreprises – en termes de formation, d’inclusion, de préservation de l'environnement etc., au moment où l'Etat providence se destine à ne garder que ses fonctions régaliennes.

Autrefois, la responsabilité d’une entreprise était de fabriquer de la valeur ajoutée pour ses actionnaires. Maintenant, l’enjeu s’est élargi. La responsabilité d’une entreprise aujourd’hui, c’est aussi d’embarquer ses salariés, ses actionnaires et ses autres parties prenantes, dans une activité durable.

Et c’est en pensant « Durabilité » qu’on se retrouve tous – entreprises du CAC 40, TPE, PME, ETI… En considérant la RSE non pas comme une contrainte réglementaire, mais comme un levier de business.
 

Quel portrait dressez-vous de la nouvelle génération d’entrepreneurs français ?

L’esprit français est adapté à l’air du temps, qui nécessite de remettre en cause les choses. En France, nous avons des règles mais nous savons aussi penser à côté de celles-ci.

J’ajouterais qu’il y a 20 ans de cela, l’entrepreneur français était un homme providentiel ; il avait une idée géniale, restait le seul actionnaire de sa boîte, même des années après. Ça, c’était avant ! La nouvelle génération d'entrepreneurs français est dans une toute autre optique. Elle est dans des logiques de croissance rapide et donc d’alliance : il faut des talents créatifs, managériaux etc. mais il faut aussi des capitaux pour acheter, s’implanter, investir plus en R&D, et des actionnaires qui sont de vrais partenaires ! De nos jours, avec le digital et l’évolution des moyens de production, tout va plus vite. Si je suis à la vitesse de l’escargot et seul, la probabilité que je meurs dans le processus darwinien est très-très-très forte.

 

Quelles sont les caractéristiques du capital investissement, tel que vous le pratiquez chez Eurazeo PME?

Eurazeo PME est actionnaire d’entreprises dont elle accompagne le développement durant 5à 10 ans. Nous veillons à protéger le capital, le faire fructifier, et augmenter sa valeur. Pour ce faire, nous intégrons tout au long de notre actionnariat, la croissance, la rentabilité, en nous basant sur des sujets environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance - ESG. C’est pour nous un fondement évident : nous sommes actionnaires, liés à l’entreprise pour les années à venir, il faut donc que celle-ci prenne de la valeur au fil du temps.  Il suffit d’avoir, à un moment donné, baissé la garde sur l’un des critères ESG – négliger l’empreinte carbone, proposer aux collaborateurs un engagement social faible –  pour que cela s’en ressente à terme sur le chiffre d’affaires, la rentabilité ou simplement la confiance projetée. En clair, si une entreprise ne se positionne pas de manière méthodologique sur l’ESG, elle n’inspire pas confiance à ses parties prenantes, clients, fournisseurs et salariés en premier. Et l’absence de confiance a un impact direct sur la valeur de l’entreprise.

 

2ème

Le capital investissement est la 2ème industrie d’Europe, avec 10 mds € de capitaux levés et investis.

Votre nouveau mandat de président de l'Afic vous permet de prendre le pouls de l'attractivité du capital investissement français ?

Il y a deux bonnes nouvelles. La première : 35 % des capitaux levés en private equity proviennent de l’étranger. Cela apporte la preuve de la qualité des entreprises françaises non cotées, la qualité de management, la qualité du chiffre également : de vrais comptes normés en toute conformité, des auditeurs de haut niveau, un droit français vigilant sur le sujet, des organismes spécialisés etc.

La seconde bonne nouvelle est que nous avons, en France, le contingent d’entreprises non cotées de petite taille, le plus important d’Europe. C’est un tissu formidable qui offre beaucoup d’opportunités, parce que lorsqu’on est petit, on a une capacité de croissance plus forte. Il  y a un gisement potentiel énorme à suivre.  

 

"Le capital investissement français est reconnu comme étant de top niveau." Olivier Millet

 

Comment le capital investissement français est-il en train d’évoluer ?

En tant que président de l’Afic, je peux déjà vous dire que le capital investissement français est reconnu comme étant de top niveau. Nous avons un réel savoir-faire en transformation car nous y allons avec méthode. Il ne suffit pas pour un entrepreneur d’avoir du temps, du capital, du cash flow etc. il faut transformer l’essai, faire de chaque étape franchie une source de valeur ajoutée. Tous les entrepreneurs observent le succès de leurs voisins. Ses réussites n’ont d’intérêt que si l’on en sort une méthodologie. Pourquoi x entrepreneur se développe-t-il ainsi ? Comment va-t-il doubler sa taille en 5 ans ?

Pour aller plus loin, je suis aussi convaincu que nous devons continuer d’affirmer en France que le capital investissement est d’intérêt collectif, dès lors que l’épargne des Français est au service des entreprises qui, en retour, ont une influence positive sur la société. Elles créent de l’emploi, paient l’impôt en France et maintiennent des centres de décision dans notre pays. Il faut savoir que la rémunération de l’épargne longue durée est intéressante pour cette classe d’actifs – quasiment 10% par an pendant 10 ans, soit deux fois la performance du CAC 40 – avec une répartition des risques mesurée puisqu’on n’investit pas seulement dans les nouvelles technologies, mais bien toutes les tailles et les types d'entreprises.

 


L’Afic

  • 287 fonds d’investissement
  • investis dans 1600 entreprises à l’année
  • à hauteur de 10 mds d’€

 

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