L’Ecole 42, une autre idée de l’excellence à la française
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L’Ecole 42, une autre idée de l’excellence à la française

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Depuis sa création au printemps 2013, l'Ecole 42 bouscule l'enseignement de l'informatique. Avec son modèle gratuit et accessible à tous les profils d'étudiants, elle casse les codes du système universitaire français et inaugure une nouvelle manière d’apprendre et d’innover. Retour sur cette jeune pousse pédagogique hors du commun, qui séduit bien au-delà de l’Hexagone.

Casser les codes (scolaires) en enseignant le code (informatique)

Un drôle de numéro ! Voici une école non reconnue par l’Etat, qui ne délivre pas de diplôme, n’exige pas de ses étudiants le baccalauréat, ne perçoit pas de frais de scolarité, et qui a été imaginée par un autodidacte désireux de donner une chance à des jeunes éloignés des canons de l’excellence scolaire traditionnelle. Sur le papier, cela pourrait ressembler à un gag. Ou à une pieuse utopie. Et pourtant, ça marche !

Xavier Niel, le père de cette initiative à nulle autre semblable, a financé ce projet à hauteur de 70 millions sur dix ans. Le campus parisien de l’Ecole 42 a ouvert ses portes en mars 2013 dans le XVIIe arrondissement de Paris. 4 000 m2 de locaux, une ambiance de start-up, un programme de formation de haut vol conçu et mis en œuvre par d’anciens responsables de l’école d’informatique Epitech : tout ici respire l’envie de faire autrement, de rompre avec la sélection classique des élites, d’expérimenter des méthodes pédagogiques révolutionnaires afin de répondre aux besoins - illimités – des entreprises dans le domaine du numérique et de l’informatique.

La formation est adaptée à chaque étudiant, qui peut suivre le programme en 2, 3 ou 4 ans. Au choix. A son rythme. Aucun cours magistral. Une équipe pédagogique resserrée. La priorité : le travail en groupe, les projets collectifs. Et ce sont les élèves qui se notent entre eux. Jules Ferry doit se retourner dans sa tombe.

 

Un bilan flatteur

A sa création, l'Ecole 42 en a fait sourire plus d’un, à commencer par les représentants de l’Education Nationale. Mais le scepticisme dédaigneux des débuts a fait long feu. l’Ecole 42 attire comme peu d’autres établissements : 50 000 candidats se présentent chaque année aux épreuves de sélection en ligne. 3 000 sont présélectionnés et se confrontent pendant quatre semaines dans la « piscine » de l’école pour faire partie des  800 admis, heureux élus. Le profil des reçus va du CAP à l'agrégation. La moyenne d'âge, de 22 ans à l'entrée, est plus élevée qu'ailleurs. Et 40 % n'ont pas de baccalauréat. « Le bac ne sert à rien. C’est une commodité », tempère Nicolas Sadirac, le directeur de l’Ecole 42, dans une interview à l’Hebdo convaincu que les critères de sélection classiques ne sont pas adaptés à l’ère numérique et aux besoins de l’économie.

Les anciens de l’Ecole 42 trouvent-ils un job à la sortie ? Les entreprises se les arrachent. Les 100 premiers embauchés ont un revenu moyen annuel de 52.000 euros. Les cracks de Polytechnique ou de Centrale n’ont qu’à bien se tenir ! Les plus prestigieuses institutions, de HEC à Sciences-Po, frappent à la porte pour bâtir des cursus communs, et plusieurs dizaines de partenariats ont été noués avec des grandes écoles et des universités. La raison d’être de 42 et le secret de sa réussite ? « Apporter de la valeur créative à l’économie numérique » et « dénicher les talents de demain », selon Nicolas Sadirac. 

 

A la conquête des Etats-Unis

Forte de son succès, l’Ecole 42 est sortie de ses murs parisiens et de son périmètre hexagonal. L’heure de l’Amérique a sonné. L’Ecole vient d’ouvrir un campus dans le saint des saints de l’innovation technologique, la Silicon Valley. 100 millions de dollars ont été investis dans ce campus pour former plus de 2 000 étudiants et servir les besoins des géants du web.

Dans la vidéo de lancement de ce projet audacieux, Jack Dorsey, le créateur de Twitter, s’exclame, enthousiaste : « Je n’ai jamais rien vu de pareil. » L’université Stanford, l’Alma mater des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), s’y intéresse de très près, et elle n’est pas la seule.

Nicolas Sadirac professe une grande foi dans les atouts de la France  dans la bataille de l’innovation et du savoir : « A Paris, l’innovation numérique se développe très fortement. C’est un milieu foisonnant d’idées qui ne ressemble en rien à la Californie. En France, nous avons une façon moins procédurière de penser l’innovation. Nous sommes une société pluriculturelle intégrée. C’est un avantage concurrentiel. Aujourd’hui, la France reprend confiance en elle. Elle ne se calque plus sur le modèle américain. »

 


L’art a aussi sa place à l’Ecole 42

Parce qu’il n’y a pas que l’informatique et les études dans la vie, l’Ecole 42 a décidé de s’investir aussi dans la promotion de l’art. A partir du 1er octobre 2016, le Street Art aura droit à son premier « musée » urbain … dans les murs de l’Ecole. Coup d’envoi lors de la prochaine « Nuit Blanche ».  De nombreuses œuvres murales et installations signées de 50 artistes de rue y seront exposées à titre permanent. Parmi eux, les prestigieux plasticiens JR, Invader ou encore Shepard Fairey et d’autres grands noms du Street Art.

Casser les codes, artistes et francs-tireurs de l’économie numérique savent y faire, chacun dans leur domaine et avec leurs armes !    


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