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Tennis
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Lionel Chamoulaud : « Roland-Garros est une fête permanente »

Figure du journalisme sportif français, Lionel Chamoulaud connaît le tournoi et les coulisses de Roland-Garros comme sa poche pour avoir commenté le « French Open » pendant 31 ans. Il nous livre son regard aiguisé et affectueux sur ce trésor national qu’est le Grand Chelem tricolore, où l’or a une couleur ocre et la saveur incomparable de la terre battue.

Que représente Roland-Garros pour notre pays ?

Lionel Chamoulaud : C’est un événement à l’image de la France, à l’image d’une France élégante, printanière et ensoleillée. Combien de gens, bien au-delà des seuls amateurs de tennis, sont tombés amoureux de ce tournoi qui représente si bien notre pays ! Nombreux sont ceux qui regardent avec passion les matchs de Roland-Garros sans suivre le tennis le reste de l’année, preuve de l’aura exceptionnelle de cet événement.

 

Roland-Garros, c’est comme des Jeux Olympiques qu’on accueille tous les ans ! Ce tournoi apporte un éclairage mondial sur la France et sur Paris. Depuis Roland-Garros on voit la tour Eiffel, les tours de la Défense, le bois de Boulogne ... Tout cela donne une image agréable de la France. Il est vrai que le site lui-même est assez exigu, mais les travaux en cours permettront de se mettre à niveau des autres tournois du Grand Chelem et de disposer de toute la place nécessaire, à la mesure de l’importance de cette compétition et des standards d’un équipement sportif de classe mondiale.

 

A titre plus personnel, que représente pour vous Roland-Garros ?

L.C :  J’ai découvert les lieux en 1982, j’y ai commenté des matchs pour la première fois en 1988 et pour la dernière en 2018. Cela représente donc une grande partie de ma vie.

 

J’ai côtoyé les plus grands champions et les plus grandes championnes et j’ai eu le privilège de partager des moments inoubliables avec des commentateurs tels que Jean-Paul Loth ou l’ancien numéro 1 français Patrice Dominguez, puis, dans la génération suivante, les Guy Forget, Arnaud Boetsch, Arnaud Clément ou encore Michael Llodra.

 

J’ai vécu des moments incroyables en direct, la rencontre entre Lendl et le jeune Michael Chang, restée dans les annales notamment pour ce fameux service à la cuiller, l’épopée de Nadal depuis 2005, le triomphe de Federer en 2009, ou encore les exploits de Steffi Graf, qui a marqué de son empreinte l’histoire du tournoi. Quelle chance d’avoir été aux premières loges pendant tant d’années. Et que d’émotions !

 

Justement, quelle a été votre plus grande émotion ?

L.C : L’an dernier, lors de la finale hommes, j’ai commenté mon tout dernier match, qui s’est conclu sur la victoire de Nadal, son 11ème titre porte d’Auteuil, puis j’ai eu le bonheur de l’interviewer sur le court aux côtés de mon fils de onze ans. Rafa, sympa comme toujours, rayonnant et modeste. Un moment d’émotion très fort. Mais plutôt que des moments, des instantanés, je vais garder de toutes ces années une globalité, une impression d’ensemble. Car Roland-Garros, c’est une sorte de fête permanente. Un événement qui donne le sourire.

 

Votre pire galère ?

L.C : Je suis assez positif dans la vie et quand les choses tournent mal, j’essaie de garder le cap. Mais ce n’est pas toujours facile de tenir l’antenne et de meubler quand il pleut ! Les jours de pluie à Roland ne sont jamais agréables, pas davantage pour les commentateurs que pour les joueurs et les spectateurs. Et cela pouvait être vraiment délicat à l’époque où l’on ne disposait pas d’indications météo fiables sur les précipitations dans l’heure ; on n’avait aucune idée précise de la durée des épisodes pluvieux, donc on agissait un peu à l’aveugle, en rediffusant les matchs des jours passés sans savoir combien de temps la pluie allait tomber, en faisant face à l’imprévu et aux caprices du ciel.

 

Votre plus grand rêve pour le tournoi ?

L.C : Au-delà de la dimension architecturale et de l’ambition d’en faire le plus beau tournoi du monde, c’est évidemment qu’un Français soulève la coupe. N’oublions pas la belle victoire de Marie Pierce chez les dames en 2000 ; mais chez les garçons, aucun trophée en simple depuis Yannick Noah en 1983, c’est vraiment long ! Et cela peut paraître étonnant de se dire que notre pays qui abrite un tournoi du Grand Chelem ne donne pas à ses joueurs les meilleures chances de s’y imposer, dans la mesure où la terre battue n’est pas leur surface de prédilection et qu’ils réalisent de meilleurs résultats dans les autres majeurs. Mais il n’y a aucune fatalité et leur jour viendra…


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