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Longue vie aux agents immobiliers !

Oui, l’agent immobilier a encore un avenir en France. Et il peut remercier Flatsy. A l’heure où les intermédiaires disparaissent, la start-up fait le pari inédit d’ajouter un maillon : le flatguide. Il réalise les visites des biens à la place de l’agent, pour permettre à ce dernier de se consacrer aux tâches à valeur ajoutée. Inexistant jusqu’alors, le flatguide pourrait bien s’avérer essentiel au renouveau du secteur de l’immobilier. Les explications d’Alexis Chauffert-Yvard, co-fondateur et CEO.

Alors que la tendance est plutôt à la suppression des intermédiaires grâce au digital, Flatsy prend le contrepied.

Alexis Chauffert-Yvard : On a fait un pari un peu différent, fondé sur l’analyse de la chaîne de valeur de l’immobilier, brique par brique, de la recherche d’un bien à sa vente ou location. De manière générale, faire appel à un agent immobilier coûte cher et son utilité n’est pas toujours perceptible. On constate une certaine frustration tant du côté de l’agent que des visiteurs et des propriétaires. Les prises de rendez-vous sont souvent compliquées en raison d’horaires inadaptées, l’agence étant souvent fermée après 18h ou pendant la pause déjeuner entre midi et deux, ou tout simplement car l’agent est en visite. Il ne peut donc pas répondre au téléphone. Cela renforce le sentiment de frustration pour les visiteurs potentiels, mais également pour les propriétaires qui payent une prestation et n’ont qu’une très faible visibilité sur les visites réalisées.

A partir de ce constat, comment rendre l’expérience plus efficace et fluide ? L’agent doit rester sur son cœur de métier : l’analyse des dossiers, l’estimation des biens, et bien sûr la recherche des mandats. Pour les autres tâches –  secrétariat téléphonique, visite – il y a nos flatguides. Ils sont disponibles sur les mêmes plages horaires que les visiteurs, notamment le week-end, connaissent le quartier et sont rémunérés à la visite.

 

Il fallait y penser ! N’avez-vous pas peur qu’un jour un géant de l’immobilier reprenne à son compte votre modèle ?

A.C-Y : Malheureusement une telle idée ne se protège pas et je trouve qu’être copié, c’est parfois bon signe ! Les grands groupes n’ont pas notre agilité. Il y a beaucoup d’aspects IT dans notre solution et nous gérons des process opérationnels complexes et pilotons un grand nombre d’indicateurs de performance en temps réel. Ce serait plus complexe et coûteux pour un grand groupe de se lancer maintenant alors que nous sommes déjà sur le marché.  A nous de viser l’excellence opérationnelle, en termes de technologie et de services, pour rester compétitifs et inimitables et de signer un maximum de contrats-cadres pour peser et devenir un réel game changer.

 

Comment faites-vous pour ne pas faire du métier de flatguide un énième job d’appoint qui mène à la précarité, à l’image des livreurs à vélo qui sillonnent nos rues ?

A.C-Y : La moyenne d’âge de nos flatguides est autour de 42 ans. Ce sont des retraités, des femmes au foyer, des architectes, des freelance, etc. Pour attirer et conserver ces profils qualifiés, la rémunération devait être attractive. C’est pourquoi nous proposons une rémunération qui est presque trois fois supérieure au SMIC. Nous les payons environ 30 euros de l’heure. Cela nous permet d’une part de fidéliser et donc d’avoir un taux de churn bas et d’autre part d’avoir des collaborateurs qualifiés. Autre point : nos flatguides sont libres de gérer leurs agendas. Au final, on a une communauté de flatguides restreinte avec des volumes bien moindres qu’une flotte de livreurs, mais plus qualifiée et mieux rémunérée.

 

Vous vous êtes lancé dans l’entrepreneuriat après plus de 10 ans de salariat. Quels ont été les moments de doute ?  

A.C-Y : Il y en a eu, mais tous restent positifs de mon point de vue. Je préfère parler de remise en question permanente. C’est une qualité essentielle pour un entrepreneur. Cette remise en question me challenge et me force à avancer avec rationalité, avec des indicateurs. Elle me guide dans la prise de décision. Se remettre en question c’est avancer.

L’une des périodes au cours de laquelle j’ai été le plus assailli par le doute a été la recherche d’associés. Il ne faut pas se tromper sur cet aspect humain et organisationnel. C’est LE facteur clé de réussite d’une start-up. Il y a aussi eu ce changement dans notre stratégie : au départ nous proposions nos services en B2C, aux particuliers, et en B2B, directement aux professionnels immobiliers. Au bout de quelques mois nous avons compris qu’en réalité nous devions nous concentrer à 100% sur le B2B. Les indicateurs ne mentent pas !

On peut aussi parler des moments positifs, ceux qui nous montrent qu’on est sur la bonne voie. Deux à trois fois par an, on organise des événements avec nos flatguides. Et de voir tous ces gens mobilisés, heureux, et de plus en plus nombreux – une centaine à Lyon, Paris, Aix, Marseille, Bordeaux, Nantes – c’est une confirmation de notre business model. On est loin de la précarisation dont on parlait en début d’entretien.

 

L’aspect humain, parlons-en. Vous aimez votre entreprise, puisque vous l’avez créée. Que faites-vous pour que vos collaborateurs l’aiment autant que vous ?

A.C-Y : Souvent, dans le milieu des start-up, on se dit qu’un salarié va s’investir à fond parce qu’on est jeune et dynamique. C’est plus complexe que cela ! Il faut trouver pour chacun des postes des leviers de motivation. Le levier des associés n’est pas le même que celui des salariés. Pour les équipes commerciales, c’est le produit, et surtout le mécanisme de rémunération et les bonus. Pour nos développeurs, c’est plutôt la complexité des algorithmes et la R&D.

Plus globalement, il y a l’esprit d’entreprise, le développement personnel et la communication. On communique chaque semaine sur les chiffres, sur ce qui va ou ce qui ne va pas. Dans un grand groupe, l’information c’est le pouvoir et on a plutôt tendance à la garder pour soi. Dans une start-up, c’est l’inverse : plus on communique, plus on est transparent, mieux ça marche.

 

Vous venez de lever des fonds au mois de juillet. Comment ça s’est passé ?

A.C-Y : Bien ! La levée de fonds n’est pas une fin en soi. Certains la voient comme le graal. Pour nous, chez Flatsy, le graal c’est plutôt de créer de l’emploi en France et signer le maximum de clients pour que notre solution devienne un standard du marché. Nous avons pensé notre modèle afin d’être rentable from day one et aller vite : recruter des commerciaux, prospecter et vendre nos prestations. Cela ne pouvait être fait avec nos fonds propres. Nous nous sommes fixés une règle : il faut lever quand il y a une forte croissance à laquelle on ne peut pas répondre. La levée de fonds, au-delà du cash, nous apporte des avis externes. C’est très important de se faire challenger par les investisseurs. Quand on a le luxe de choisir ses investisseurs, c’est une aide différente et complémentaire de celle des associés et des salariés. 

 

L’immobilier français est en train de se réorganiser. Vers quoi s’oriente-t-on ?

A.C-Y : L’immobilier est en effet un secteur en pleine mutation et de plus en plus à l’écoute de l’innovation. Je croise beaucoup de start-up, avec des offres positionnées sur chacune des briques de la chaîne de valeur. La question est de savoir si un acteur « global » va émerger, en proposant l’ensemble de ces innovations aux professionnels. Aujourd’hui les innovations ont comme objectif de proposer une meilleure expérience client. J’ai récemment vu une start-up qui fournit des certificats sur la luminosité, une autre qui veut améliorer les syndicats de copropriété, encore une autre sur la simplification de la signature des baux et des démarches notariales. On est dans une innovation d’usage qui vise à rendre l’expérience plus simple, efficace et moins chère dans un secteur de l’immobilier où beaucoup de tâches n’ont pas évolué. Pourquoi ? Parce que l’immobilier a longtemps été un marché de rentiers. Les crises économiques successives et la révolution digitale sont en train de changer tout cela. On assistera peut-être à l’émergence d’un groupe qui fera tout ou d’une joint-venture qui fédèrera toutes ces solutions.


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