MCE-5, le moteur français qui a tapé dans l’œil des Chinois
Innovation automobile

MCE-5, le moteur français qui a tapé dans l’œil des Chinois

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Innovation automobileMCE-5, le moteur français qui a tapé dans l’œil des Chinois

Breveté par l’entreprise de R&D lyonnaise MCE-5, le moteur à compression variable VCRi a séduit le constructeur de véhicule Dongfeng, en Chine. Le marché européen pourrait suivre.

« Notre technologie va devenir incontournable à l’horizon 2023/2025 », affirme Henri Trintignac. Après 25 ans passés chez les équipementiers automobiles, dont plusieurs au comité exécutif de Valeo, il a pris la tête de l’entreprise MCE-5, en tant que directeur général, début 2015. Quelques mois plus tard, l’entreprise lyonnaise signait, avec le constructeur chinois Dongfeng, son premier grand contrat. Un accord qui ouvre la voie à l’industrialisation de son moteur révolutionnaire.

 

« MCE-5, c’est une aventure technologique et humaine à la française, faite de passion pour l’automobile et d’acharnement »

 

« Le moteur à compression variable VCRi, c’est notre première technologie d’efficacité énergétique pour les automobiles. Nous en avons bien d’autres dans le pipeline », ajoute Henri Trintignac. Il rêve de faire bondir le rendement des moteurs thermiques jusqu’à des niveaux inégalés, qui les rendent compétitifs face au tout électrique ou à l’hybride.

 

Le moteur français qui ouvre de nouvelles perspectives environnementales

« MCE-5, c’est une aventure technologique et humaine à la française, faite de passion pour l’automobile et d’acharnement » et Henri Trintignac en est fier. Il aura fallu 17 ans de recherche et développement, 120 millions d’euros investis et quelques 650 actionnaires, dont plusieurs entrepreneurs français  dont Michel Mulliez, pour n'en citer qu'un, pour que ce moteur révolutionnaire se concrétise . « MCE-5 est une grande aventure entrepreneuriale, c’est certainement la raison pour laquelle on retrouve autant d’entrepreneurs comme actionnaires » .

L’idée de la compression variable est née il y a presque un siècle, mais tout l’enjeu était de définir la bonne architecture. « MCE-5 est parti du brevet très original d’un inventeur indépendant, Vianney Rabhi, sur la manière de faire varier la compression », raconte Henri Trintignac. L’invention permettra les mêmes gains en émission de CO2 que les moteurs hybrides légers à 48 volts – ce type d’hybridation essence et électrique se développe fortement en Europe actuellement –, mais à un prix inférieur et avec un time to market comparable, selon le patron de MCE-5.

Ce meilleur rendement sera donc vital pour atteindre les nouvelles normes anti-pollution chinoises. La Chine aura en effet la réglementation sur les émissions CO2 la plus contraignante au monde en 2020.

Et en France ? « Je pense qu’il y a des débouchés dans les 5 ans à venir, évalue Henri Trintignac, notamment chez les constructeurs qui ont investi ou qui investissent actuellement sur des nouvelles lignes de production flexibles (capables de traiter plusieurs types de moteurs, NDLR) ». Signe que cette technologie est bel et bien dans l’air du temps, la marque Infiniti du groupe Nissan a dévoilé fin 2016 son propre moteur à compression variable.

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