Un français défie Victoria’s Secret
Outre-Atlantique

Un français défie Victoria’s Secret

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Outre-AtlantiqueUn français défie Victoria’s Secret

Adore Me, la start up de Morgan Hermand-Waiche, s’impose sur le marché nord-américain. Pari osé et bien parti.

Un profil : Morgan Hermand-Waiche, trentenaire, marseillais d’origine, ingénieur des Mines passé par Harvard et les cabinets de stratégie. Un projet : Adore Me, une start-up qui produit et commercialise de la lingerie, créée en 2010, installée au cœur du « fashion District » de New York - histoire de planter sa bannière en territoire « ennemi ». Et un beau résultat : 11, 5 millions de dollars levés depuis sa création, un revenu annuel avoisinant les quelques 42,9 millions de dollars en 2014.

Le marché américain n’est pas un fruit défendu

Adore Me est un clin d’œil au vocabulaire universel de la séduction. Petit poucet sans complexe au pays des géants de la lingerie, l’entreprise a réussi le tour de force d’être retenue dans le classement du magazine Inc qui répertorie les 15 start-ups les plus dynamiques aux Etats-Unis, tous secteurs confondus. Dans les médias, Morgan Hermand-Waiche l’avoue sans fard : « Je ne connaissais rien à la lingerie ni à Internet ». 5 ans après, cet entrepreneur est entouré d’une centaine de salariés, se fournit dans le monde entier – Chine, Vietnam, Philippines, etc., avec un service clientèle en Roumanie – et conquiert peu à peu le marché américain et canadien en collant aux goûts locaux et en proposant des modèles deux fois moins chers que Victoria’s Secret. Reine chancelante de la lingerie aux Etats-Unis ? Si celle-ci détient encore 40% du marché, «elle est lente, chère, et donne aux femmes l’impression qu’elles sont sur la touche », commente Sharon Klapka, directrice du développement et de la marque Adore Me, dans une interview à Business Insider. La start up est quant à elle fière de proposer une lingerie fine et de qualité pour toutes les femmes, des plus minces aux plus fortes, sans sacrifier les belles palettes de couleur et la jolie dentelle.

L’ensemble gagnant

Alors qu’Adore me est en active discussion avec des réseaux de distribution, la start up a ouvert en Avril dernier, à New York, son premier appointment-store pour continuer d’offrir une lingerie de qualité accessible à toutes, avec le conseil en plus. Quel est le secret de son succès ? Une intégration verticale, aucun magasin et donc aucune gestion de stocks, une boutique en ligne personnalisée pour chaque cliente, et un marketing très offensif. En 2015, la société a enregistré un fait d’armes retentissant, en recrutant la designeuse de Victoria’s Secret, Helen Mears. Belle prise de guerre qui a déclenché un buzz et qui laisse espérer de nouvelles conquêtes. Le petit poucet français prend du galon et tisse sa toile et ses dessous. Rentable depuis quelques mois, conforté par des levées de fonds successives, Adore Me regarde maintenant avec convoitise le marché asiatique et océanien, son prochain - et très vaste - champ de manœuvres. Culotté.

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