rawpixel-974543-unsplash.jpg
Autisme
par

Autisme et emploi, le modèle d’intégration d’Andros

Proposer à des personnes atteintes d’autisme sévère un emploi en CDI ainsi qu’un hébergement et des activités encadrées du matin au soir : c’est l’expérience, inédite en France, que Jean-François Dufresne, co-dirigeant de la société Andros et père d’un enfant autiste, a lancée en 2015 avec son association Vivre & Travailler Autrement. Trois ans plus tard, le succès de l’initiative, reconnu y compris par le gouvernement, a vocation à s’etendre. Interview.

Comment qualifieriez-vous la situation des personnes autistes en France ?

dufresne.jpg

dufresne.jpg, par AdminLetsGo

J-F. D : 95% des adultes autistes, au moins, n’ont pas de travail. Tout comme on pourrait considérer que les aveugles, parce qu’ils ne voient pas, ne peuvent pas marcher, on considère que les autistes ne pourraient pas travailler. Ce n’est pas vrai : nous le démontrons avec ce projet. Les incapables, ce ne sont pas eux, c’est la société tout entière. 

 

En quoi le dispositif lancé dans votre usine Novandie  d’Auneau et à la « Maison du Parc » est-il une réponse au problème de l’insertion des personnes autistes ?

J-F. D : Dans les faits, c’est une expérience qui est inédite. Elle retourne la question que l’on pose souvent sur les personnes handicapées et qui consiste à leur demander : « qu’est-ce que vous ne pouvez pas faire ? ». Nous, nous demandons : « qu’est-ce que vous pouvez faire ? » En somme, et je le dis pour faire réagir : arrêtons de protéger les handicapés, exploitons-les ! En exploitant leurs compétences, on fait du bien à la société, et on leur fait du bien.

 

La philosophie derrière ce projet est-elle que l’insertion des personnes autistes passe avant tout par le travail ?

J-F. D : C’est une vérité transverse qui ne touche pas que les handicapés : le travail guérit, c’est la plus belle thérapie. Tout le monde s’épanouit et se réalise par le travail, pourquoi pas les autistes comme les autres ? Les autistes que nous employons sont qualifiés pour la quasi-totalité. On m’avait dit qu’ils ne travailleront jamais ; ils sont efficaces, et parfois plus que les « neurotypiques ».

 

Mais l’insertion, c’est aussi l’autonomie. Il faut les y amener, avec une prise en charge par des encadrants, de la première à la dernière minute de la journée, au travail le matin et au « foyer » l’après-midi avec des activités et un accompagnement dans la vie de tous les jours (faire le ménage, faire à manger, etc.). Avec une règle d’or : ce sont eux qui « font », pas les encadrants.

 

Le dispositif a-t-il été complexe à mettre en œuvre ? Est-il reproductible ?   

J-F. D :  Au-delà des rigidités de notre système de soin, et de la complexité du montage financier, partagé entre l’État, les conseils départementaux et ce que nous avons de notre côté pu aménager et mettre à disposition, il fallait aussi des périodes d’essai beaucoup plus longues qu’à l’accoutumée, de six mois, que nous avons pu mettre en place en travaillant avec l’ESAT. Par ailleurs, côté usine, cela n’a nécessité que des adaptations mineures au poste de travail, autour de l’idée de décomposition des tâches en tâches élémentaires. Ajouter une phrase du genre, « pour faire écho à l’usine extra ordinaire, l’usine de demain est inclusive.

 

À nous maintenant de diffuser ce modèle. Des entreprises se sont engagées, les dispositifs sont en train d’être montés et cent autistes pourront bientôt être encadrés. En théorie, 100 000 autistes adultes pourraient entrer dans ce type de dispositifs. L’objectif de donner une vie digne, plus heureuse et autonome à tant de personnes, ce n’est pas rien ! Il y a une indiscutable dynamique, qui est du reste stimulée par les pouvoirs publics. Nous avons encore tellement de retard… Et aujourd’hui, les employeurs qui voudraient embaucher des autistes sont avant tout dans des démarches de solidarité : il faudrait demain qu’ils le fassent en se disant qu’ils sont tout aussi efficaces et qu’ils permettent des gains de compétitivité.


C'est parti pour la 2ème édition ! Participez à la 2nde édition des Trophées #LetsgoFrance ici.

Pour recevoir toutes nos publications, abonnez-vous à notre newsletter.

Intéressé ? Laissez-nous votre email.Nous vous préviendrons dès l’ouverture des candidatures.
Concours

Trophées
#LetsgoFrance

En savoir plus Découvrez les candidats

Chargement …

Le respect de votre vie privée est notre priorité.

Nos partenaires et nous-mêmes utilisons différentes technologies, telles que les cookies, pour personnaliser les contenus et les publicités, proposer des fonctionnalités sur les réseaux sociaux et analyser le trafic.
Merci de cliquer sur le bouton ci-dessous pour donner votre accord.