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Recyclage alimentaire

Avec la Tricyclerie nantaise, trier c’est composter

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Recyclage alimentaire Avec la Tricyclerie nantaise, trier c’est composter

Depuis trois ans, la Tricyclerie arpente les rues de Nantes avec la ferme volonté de promouvoir recyclage des déchets alimentaires et économie circulaire. Une initiative remarquée, finaliste en 2017 du concours "Jeunes champions de la Terre" de l’ONU, et qui ne demande qu’à grandir selon sa fondatrice Coline Billon.

Comment est née la Tricyclerie ?

Coline Billon : C’est vraiment le gaspillage alimentaire qui m’a poussé à réfléchir à une solution. Chaque année, 30% de la production alimentaire comestible est jetée dans le monde sans même être proposée à la vente, ce qui représente non seulement une perte de nourriture considérable, mais également un gâchis en termes d’énergies humaines et de coûts financiers. Mais comme il y avait déjà pas mal d’acteurs qui s’intéressaient à cette question en amont, je me suis dirigée vers l'autre bout de la chaîne, pour une action complémentaire et différente.

 

Quelle est votre solution ?

C. B. : C’est ce que nous appelons une solution clé en main du dernier kilomètre en zone urbaine.  Avec trois salariés, deux services civiques et une centaine de bénévoles tout au long de l’année, nous collectons chaque jour en vélos-remorques entre 150 et 200kg de déchets alimentaires auprès des restaurants, entreprises, et commerçants du centre ville de Nantes pour une valorisation de proximité sous forme de compost que nous redistribuons gratuitement aux acteurs locaux. Un meilleur tri des déchets améliore le quotidien des professionnels. Un compost de qualité est un fertilisant et un dépolluant naturel idéal des terres appauvries par les pesticides et un véritable levier pour redynamiser l’agriculture locale. Nous voulons sensibiliser chacun aux bénéfices de la production directe et de l’économie circulaire.

 

La France est-elle consciente de ces enjeux ?

C. B. : Nous sommes dans une période charnière mais beaucoup de gens n’en sont pas encore conscients. Les accords du Grenelle de l’environnement obligent pourtant chaque ville à se doter d’un système de tri et de recyclage de ses déchets organiques d’ici à 2023. Mais on constate qu’on est encore loin d’une mobilisation générale. Même si nous recevons l’appui de quelques politiques et que beaucoup de gens viennent vers nous pour lancer de nouvelles Tricycleries, les freins sont encore là. Nous avons besoin de changer d’échelle, de sortir du bénévolat, de créer de nouveaux sites de compost car nous portons une  solution sur le long terme. Mais le sujet n’est pas d’actualité au niveau des marchés publics. Du moins à Nantes.

 

L’horizon est-il plus accueillant à l’étranger ?

C.B. : En Europe, certains pays sont plus avancés, comme la Suède ou la Norvège, mais il n’y a pas de grand leader. Un programme européen est en cours pour expérimenter différentes  échelles de recyclage à Bruxelles. Mais nous regardons plutôt comme modèle une ville comme San Francisco, qui a déjà déployé depuis 30 ans un système de recyclage à 100% de ses déchets organiques.

 


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