Nao, le robot autonome programmable, à Sofia en Bulgarie, le 21 Avril 2016
Robotique

Avec SoftBank Robotics, les robots français s’implantent au Japon

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RobotiqueAvec SoftBank Robotics, les robots français s’implantent au Japon

Depuis son rachat par le Japonais SoftBank, Aldebaran, devenu SoftBank Robotics, accélère la diffusion de ses robots humanoïdes. Ce succès ouvre-t-il la voie à d’autres robots made in France ? Le point de vue de Rodolphe Gelin, directeur de l’Innovation à SoftBank Robotics.

On ne présente plus Nao et Pepper, vos robots humanoïdes. Pouvez-vous nous dire où en est leur déploiement international ?
Rodolphe Gelin : Nous vendons entre 100 et 200 robots Nao par mois, surtout pour des applications dans l’éducation. Certains professeurs l’utilisent pour enseigner la programmation, d’autres pour des applications plus spécialisées, par exemple aider les enfants autistes à communiquer. Notre deuxième marché est le robot d’accueil en magasin. Aujourd’hui, environ 10 000 Pepper ont été vendus au Japon, 7 000 auprès des particuliers, 3 000 auprès des entreprises.  Pepper a été lancé en Europe il y a 6 mois, uniquement pour les entreprises dans un premier temps. Il est déjà utilisé dans  les surfaces de vente, telles que Carrefour, SNCF, Costa, Darty ou encore Uniqlo pour accueillir, informer et divertir les clients de façon innovante. 

 

« Parmi les chercheurs français reconnus à l’international, on peut citer Jean Vertut du CEA, Jean-Paul Laumond, Rachid Alami et Thierry Siméon du LAAS,  Pierre-Brice Wieber de l’INRIA, Abderhamane Keddar du LIRMM. » Rodolphe Gelin

 

Et êtes-vous présent aux Etats-Unis ?
R.G. :
Nous avons effectué les premiers tests avec des clients et nous allons lancer Pepper dans les prochains mois. Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, le marché du robot d’accueil est naissant et les utilisateurs sont encore en phase d’apprentissage. C’est la même chose pour les robots compagnons (robots qui, comme Pepper, sont destinés à interagir y compris émotivement avec les Humains, NDLR).

 

Est-ce que le succès d’Aldebaran a impacté la robotique française ?
R.G. :
Je pense que nous avons vraiment ouvert une voie. Avant, la robotique française était présente sur des utilisations très ciblées, comme les robots sous-marins ou de déminage. Aujourd’hui, il y a beaucoup de start-ups qui font des choses très intéressantes en robotique de services. Blue Frog , par exemple, a surfé sur la vision de Bruno Maisonnier (fondateur d’Aldebaran, NDLR) pour créer son prototype Buddy. Dans le secteur médical, l’assistance robotique se développe, avec par exemple le grenoblois Endocontrol. 

 

Et au niveau de la recherche robotique internationale ?
R.G. :
Nous avons une très bonne recherche académique, qui s’est traduite par une troisième place mondiale en nombre de publications scientifiques sur les robots (d’après le plan France Robots Initiatives 2013, NDLR). Parmi les chercheurs français reconnus à l’international, on peut citer Jean Vertut du CEA, dans les années 80, qui a fait progresser la conception mécanique pour la maîtrise des efforts dans les articulations robotiques. Plus récemment les chercheurs du LAAS (CNRS Toulouse) Jean-Paul Laumond, Rachid Alami et Thierry Siméon ont publié des travaux remarquables sur la planification des mouvements. De même Pierre-Brice Wieber de l’INRIA pour ses travaux sur la marche bipède et Abderhamane Keddar, du LIRMM (CNRS Montpellier), qui anime depuis des années le Joint Robotic Laboratory entre la France et le Japon. 

3e

C’est la place qu’occupe la France au classement international des pays produisant le plus grand nombre de publications scientifiques sur la robotique.  (source : Plan France Robots Initiatives 2013).

 

Quels sont les autres atouts de la France en robotique ?
R.G. :
De plus en plus de filières académiques embarquent des modules de robotique et depuis 2014, il existe à Paris un incubateur dédié, RobotLab. Globalement le contexte est très favorable, la robotique est maintenant identifiée comme une source de richesse par les investisseurs. Il est désormais assez facile de créer son entreprise de robotique !

 


Bio express de Rodolphe Gelin
Directeur de l’Innovation à SoftBank Robotics, Rodolphe Gelin (51 ans) a été élève à  l’Ecole des Ponts et Chaussées, une formation complétée par un DEA en intelligence artificielle. Sa carrière dans la robotique a débuté au sein du CEA, avant de rejoindre Aldebaran en 2008.

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