Caroline Hilliet Le Branchu : « Femme et entrepreneur en France ? Une opportunité ! »
Entreprise familiale

Caroline Hilliet Le Branchu : « Femme et entrepreneur en France ? Une opportunité ! »

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Entreprise familialeCaroline Hilliet Le Branchu : « Femme et entrepreneur en France ? Une opportunité ! »

A la tête de la conserverie familiale La Belle-Iloise, à Quiberon, Caroline Hilliet Le Branchu a reçu le prix de la femme d’affaires Veuve Clicquot 2016. Une belle récompense pour cette femme d’exception et son esprit d’entreprise.

Que signifie pour vous le prix remis par Veuve Clicquot ?

Caroline Hilliet Le Branchu : C’est bien évidemment une grande fierté pour moi, mais surtout pour l’entreprise, nos collaborateurs, nos vendeurs dans les magasins… et même nos clients. Ils sont fiers d’avoir fait confiance à une marque et à des produits récompensés par ce prix. Mais ce trophée est aussi une reconnaissance des valeurs que nous partageons avec la maison Veuve Clicquot : le savoir-faire, l’excellence des produits, la créativité et l’innovation. Nous n’avons de cesse de prouver que même dans la conserverie de poisson, il est possible d’inventer chaque année de nouveaux produits qui n’existent nulle part ailleurs.

 

 

Fait-on du business autrement en France quand on est une femme entrepreneur  ?

C. H. Le B. : Oui et non. Nous sommes une entreprise familiale dont je représente la troisième génération. En interne, je suis donc avant tout un membre de la famille, homme ou femme n’est pas la question. Ma légitimité et celle de mes collaboratrices se construit par le travail et les résultats, pas par notre sexe. En revanche, lorsque je rencontre des fournisseurs, des partenaires potentiels et que je suis accompagnée d’un homme, le doute existe… Mais l’hésitation ne dure que quelques instants. Cela étant, être femme et entrepreneur en France est une opportunité : à nous d’intégrer les réseaux, les conseils d’administration, les centres de réflexion !

 

"Ma légitimité et celle de mes collaboratrices se construit par le travail et les résultats, pas par notre sexe." 

 

Comment s’articulent vos liens avec la Bretagne et votre présence nationale ?

C. H. Le B. : Comme nous avons deux métiers, producteur de conserves de poisson haut de gamme et distributeur, nos ancrages sont différents. En tant que conserverie, nous sommes un employeur, un acteur économique et un partenaire très fort. Nous sommes à Quiberon et nos attaches régionales, voire locales, sont très importantes, avec une proximité géographique et culturelle très importante avec nos fournisseurs. Cela nous permet de mieux comprendre le monde de la pêche –si difficile – mais aussi de discuter en toute transparence et confiance. Mais en tant que distributeur, avec des magasins dans toute la France, nous devons aussi tisser des liens dans toutes les régions, pour deux raisons : d’une part trouver les saisonniers dont nous avons besoin, ici en Bretagne pour la conserverie, puis dans tout l’Hexagone pour nos boutiques en haute saison et d’autre part, valoriser celles-ci auprès des offices de tourisme. Dans un cas comme dans l’autre, la qualité de nos relations avec les partenaires, institutionnels et locaux, est primordiale.

 

"Etre femme et entrepreneur en France est une opportunité : à nous d’intégrer les réseaux, les conseils d’administration, les centres de réflexion !"

 

Plus largement, quel est le poids de l’écosystème entrepreneurial local ?

C. H. Le B. : Même si nous avons des partenariats avec des pêcheurs locaux, nous devons nous approvisionner bien au-delà de la région pour le poisson, mais aussi pour l’huile d’olive – qui vient d’Espagne – ou des emballages. Comme nous sommes une petite entreprise, nous devons nous appuyer sur un écosystème large : certains partenariats sont locaux – financement, agence pour l’emploi, municipalités – mais nous devons aussi aller voir plus loin pour d’autres besoins. Et j’insiste pour que mes principaux collaborateurs, et ça me concerne aussi, participent à des réseaux de réflexion et d’influence, comme Germe1 et APM2 au niveau régional et national. C’est essentiel pour l’ouverture d’esprit et le débat d’idées.

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