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Accompagnant la délégation du président Emmanuel Macron en Chine, en janvier dernier, Frédéric Sanchez, président du directoire de Fives, a signé un accord avec JD.com, le leader de l’e-commerce chinois, d’une valeur totale de plus de 100 millions d’euros. ©Groupe Fives
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Comment Fives a retrouvé un nouveau souffle international

Déjouant tous les pronostics, le groupe Fives a résisté aux crises et s’est transformé en leader français de l’ingénierie industrielle. Avec un chiffre d'affaires de près de 2 milliards d’euros en 2018, il est au cœur de l’usine du futur. Ce succès reflète la vision et la méthode d’un homme, Frédéric Sanchez, qui revient sur les ingrédients de cette renaissance.

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sanchez_frederic_2.jpg, par AdminLetsGo

Quand vous êtes arrivé chez Fives en 1990, l’entreprise accumulait les restructurations. En 20 ans, vous en avez fait l'un des champions mondiaux de l’ingénierie industrielle. Quelle a été votre vision ?

Frédéric Sanchez : Quand j’ai pris la direction générale de Fives en 1997, le chiffre d’affaires du groupe s’élevait à environ 350-400 millions d’euros. A l’époque, notre actionnaire de référence, qui ne voyait pas d'avenir aux métiers exercés par Fives en France, cherchait à rapprocher Fives d'un autre industriel ; sans succès. Lorsque nous sommes finalement sortis de la cote avec l'appui de fonds d'investissement (NDLR : Fives était cotée en bourse), un article de presse nous a qualifiés de « relique des maîtres des forges » et titrait « chronique d’une mort annoncée ». Mon projet, et celui des principaux dirigeants du groupe, était de prendre le contrepied des politiques suivies jusque-là : j’avais l’intime conviction qu’un autre chemin existait, via l’internationalisation, via l’innovation et via une transformation des états d’esprit. Il y avait une véritable capacité d’innovation dans l’entreprise, mais elle avait été malmenée par les crises successives : il fallait d'abord et avant tout restaurer la confiance. Nous n’étions pas nombreux à y croire.

 

Progressivement, vous avez fait grandir le groupe. Votre chiffre d’affaires a bondi à 700 millions en 2003 puis 1,5 milliard en 2011. À près de 2 milliards cette année, Fives compte aujourd'hui 8700 collaborateurs, le double d'il y a quinze ans. Comment fait-on pour gérer ces changements d’échelle ?

F. S. : Nous avons su nous entourer des bons talents et nous appuyer sur les compétences et l'expérience des salariés de l'entreprise. Je pense par exemple à la responsable de nos activités en Chine, entrée dans le Groupe il y a plus de 20 ans avec le défi d'implanter Fives dans ce pays ; aujourd'hui, nous y employons plus de 600 personnes, sommes au cœur de la transformation et de la montée en gamme de l’industrie chinoise, et cette dirigeante siège au Comex. 

Ce changement a aussi été possible grâce à notre modèle d'organisation fondé sur la décentralisation et la responsabilisation de chacun. La structure centrale de Fives est légère, tandis que des responsabilités très fortes sont accordées aux patrons de filiales, qui disposent d'une grande autonomie et de l'autorité nécessaire pour exercer leurs responsabilités. Ce modèle d’organisation, permettant agilité et réactivité, est à l’origine de nos succès.

 

Aujourd’hui Fives est très présent aux États-Unis et en Chine et l’export représente l’essentiel de son activité. Comment avez-vous fait ?

F.S :  Ce sont avant tout nos clients qui nous ont portés vers l'international, et je veux plus particulièrement en citer deux : Usinor (devenu Arcelor Mittal) et son président Francis Mer, qui était administrateur de Fives, nous a aidés à prendre pied en Chine. C'est grâce aux références acquises en France dans ses usines, et à son soutien, que Fives est aujourd'hui devenu l'un des principaux fournisseurs d'équipements et de lignes de production de l'industrie sidérurgique chinoise. De la même manière, c'est en développant un partenariat avec Péchiney (devenu Rio Tinto Alcan) que nous sommes devenus l’un des fournisseurs les plus importants d'usines d'aluminium primaire clé en main dans le monde. C’est aussi grâce à nos clients industriels, dans le cadre de partenariats et/ou collaboration en recherche et développement, que nous avons pu développer des solutions novatrices. Dans nos métiers, on n’innove pas seuls, on innove avec nos clients.

 

Quels sont les axes d'innovation que vous avez impulsés ? Lesquels rencontrent aujourd'hui le plus de succès à l'international ?

F.S : Dès 2006, nous avons adopté une signature : concevoir aujourd'hui les usines de demain. Cette signature annonçait un mouvement qui allait émerger, dix ans plus tard, avec les réflexions autour de l'industrie du futur ou l'industrie 4.0.

Aujourd'hui, Fives développe des solutions mariant digitalisation et équipement mécanique, en créant notamment des procédés de fabrication innovants (impression 3D), et en mettant au point des solutions industrielles de mise en œuvre de nouveaux matériaux (composites)…  

 

Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur votre expansion à l’international ?

F.S : C’est grâce à un V.S.N.E. (actuel V.I.E., Volontariat International en Entreprise) chez Renault que j’ai découvert les États-Unis et son vaste marché intérieur. Cette expérience m’a marqué, et m'a fait comprendre qu'une entreprise, pour réussir, devait penser global. Chez Fives, ce n'est peut-être pas un hasard si notre première opération de croissance externe s'est faite aux États-Unis au début des années 2000. Pour une ETI de la taille de Fives, c'était un sacré défi. Nous avons su le relever, et ce succès, devenu exemplaire, en a appelé d'autres.

 

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