Comment le concours Lépine a inscrit l’innovation dans la culture française
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Comment le concours Lépine a inscrit l’innovation dans la culture française

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Rencontre avec Gérard Dorey, président du concours Lépine, suite ! Ou comment un concours d’inventions centenaire a su se réinventer au fil des décennies.

116 ans

C’est l’âge du Concours Lépine, créé en 1901 !

Comment décririez-vous l’évolution du concours depuis sa création en 1901 ?

Gérard Dorey – Louis Lépine a créé le concours juste après une Exposition Universelle qui a fait date dans l’histoire et vu naître l’immense espace d’exposition de la Porte de Versailles, à Paris. Jusqu’en 1937, c’étaient plus de 6 000 inventeurs, fabricants et commerçants qui durant 3 mois exposaient leurs voitures, avions, machines agricoles, armement, pianos, produits d’électroménager… il y avait même des défilés de mode ! Faute de place, le concours-exposition a fusionné en 1937 avec le CEP (Comité d’Exposition de Paris) et a été sectorisé en divers salons qui jalonnent aujourd’hui l’année : salons de l’automobile, de l’agriculture, du meuble, des arts ménagers, etc. Le Concours Lépine s’est ainsi recentré sur son cœur de métier : les inventions nouvelles apparaissant sur le marché.

Mais nous n’avons rien perdu de la diversité et de la puissance qui ont fait du concours un outil économique hors du commun, à la base de l’industrialisation de la France. Notre pays reste l’un des terroirs les plus importants de recherche et développement individuel et collectif au monde, et notre concours, une vitrine pour toutes les femmes et les hommes – particuliers, startups, chefs d’entreprise – qui cherchent des solutions pour rendre la vie des autres et la leur plus facile. Animé d’un tel esprit, le Concours Lépine évolue forcément avec son temps.

 

700 000

C’est le nombre de visiteurs reçus en moyenne chaque année, au Concours Lépine.

Par quels exemples l’auriez-vous illustré ?

G. D. – Nous sommes notamment devenus un acteur prépondérant dans le monde des objets connectés : on peut aisément comparer le concours Lépine actuel à un petit CES français ! Notre palmarès en est le reflet : en 2016, le prix du Président de la République est allé à l’inventeur d’une application pour détecter le diabète, celui du Premier Ministre à un drone d’assistance en mer...

En fait, on retrouve aujourd’hui la période très particulière qui a vu naître le Concours Lépine en 1901 : une période de récession économique, avec une peur de la concurrence étrangère et une difficulté à appréhender l’avenir, et en même temps une explosion des inventions dans tous les domaines. Les Français se reprennent en main : parce qu’ils ne se contentent plus d’un emploi peu rémunérateur – quand ils en ont un –, ils décident d’aller au bout de leur idée, d’en faire un prototype – ce qui est devenu très facile avec les imprimantes 3D – et de participer à un concours qui s’offre à eux comme un tremplin. Chaque année, nous refusons un peu plus de participants !

600

C’est le nombre de participants en moyenne chaque année, au Concours Lépine. 

On y voit aussi de plus en plus de femmes – qui se lancent plus volontiers en groupe que dans des aventures individuelles, ce que leur permettent les startups – et de jeunes extraordinairement inventifs. Je pense à cette très jeune fille qui a inventé une application pour la sécurité des enfants, à ce jeune homme de 18 ans repéré par Google, qui a été récompensé pour son réveil olfactif et revient cette année avec un oreiller connecté, ou encore à ce petit génie de 8 ans qui a conçu un robot serveur. Le Concours Lépine fourmille de talents de ce type !

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