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Finance solidaire
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Finansol : la finance solidaire qui veut sortir du bois

Modèle d’investissement alternatif, la finance solidaire reste un secteur de niche qui n’en connaît pas moins un essor flamboyant. Et pour preuve : 63% des français accordent une place importante aux impacts environnementaux et sociaux dans leurs décisions de placements selon un récent sondage IFOP. Rencontre avec Frédéric Tiberghien, président de Finansol, principale association de promotion et de labellisation au service de la solidarité dans l’épargne et la finance.

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f.tiberghien_-_finansol_2013_c_degresfahrenheit.com_-_david_arous_4.jpg, par AdminLetsGo

Finansol est pionner de la labellisation des placements solidaires. Comment fonctionne cette labellisation ?

Frédéric Tiberghien : Depuis 1997, ce label constitue l’unique référence, crédible et légitime dans le secteur et il est en cela essentiel à sa reconnaissance. Attribué par un comité d’experts indépendants issus de la société civile, il atteste du caractère solidaire d’un produit financier en scrutant les fonds utilisés et la méthode d’investissement proposée.  L’augmentation du nombre de produits solidaires nous pousse à renforcer l’exigence du label en intégrant par exemple l’examen des frais de gestion. 157 produits sont aujourd’hui labellisés, en OPC (organisme de placements collectifs), comptes à terme, assurances-vie ou épargne salariale. Notre objectif est la pleine confiance dans nos produits.

 

 

Confiance dans le réel impact des investissements réalisés  ?  

F. T : Oui, nous consolidons chaque année dans un baromètre les indicateurs d’impact attachés à chaque produit. La lutte contre l’exclusion sociale se mesure par exemple par le nombre d’emplois créés ; les projets à fort impact environnemntal par le nombre de foyers qui ont pu être raccordés aux réseaux électriques grâce aux énergies renouvelables…Enfin, dans le domaine de l’aide internationale, nous soutenons des ONG investies dans le développement économique des pays du Sud, notamment par l’accès au microcrédit, dont nous mesurons l’efficacité.

 

La finance solidaire a connu une croissance de 17.8% en 2017. Est-ce suffisant pour opérer un véritable changement ?

F.T : Notre croissance annuelle moyenne est comprise entre 15 et 20%, soit un taux dix fois supérieur à celui du PIB.  Cet essor repose sur une prise de conscience de la montée des inégalités et des exclusions, un rejet de la finance spéculative, et l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs sociaux. Mais le financement d’une entreprise sociale est aussi un accompagnement dans la durée. Le taux de survie de nos entreprises atteint ainsi 80% après trois ans d’activité, soit 20 points au-dessus du secteur classique.

Donc oui, nous grandissons, mais nous sommes encore tout petits ! En valeur relative, la finance solidaire ne représente que 0,23% de l’épargne des ménages. Nos produits sont diversifiés, mais ils restent confidentiels dans la plupart des établissements bancaires et d’assurance. Nous devons convaincre ces milieux professionnels de les promouvoir davantage.

 

La Loi Pacte (Plan d’Action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui a été adoptée en 1ère lecture à l’Assemblée début octobre va-t-elle dans le sens d’une plus large reconnaissance de la finance solidaire par les pouvoirs publics ?

F.T : Oui, en ce qui concerne l’épargne salariale où sera généralisée l’obligation de présentation de produits solidaires sur le modèle de ce qui a été obtenu en 2010 (ndlr : une disposition de la loi de modernisation de l’économie a obligé les entreprises à proposer au moins un fonds solidaire dans les plans d’épargne salariale - PEE ou Perco). Aujourd’hui, 10% des salariés y souscrivent. Pour l’assurance-vie en vue de la retraite, qui représente un encours de 1 700 milliards d’euros, nous sommes déçus en revanche par l’obligation de présenter d’ici 2022 une unité de compte verte ou solidaire dans les contrats multi-supports. Cette disposition oppose les deux classes d’actifs avec le risque d’évincer le solidaire,. Nous espérons que le texte sera amélioré et que la promesse faite sur ce point par le candidat Macron sera honorée.

 

Crédit photo : ©degresfahrenheit.com


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