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Géraldine Le Duc, de la recherche fondamentale à la start-up

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BiotechGéraldine Le Duc, de la recherche fondamentale à la start-up

Récente lauréate du prix Business With Attitude qui met à l'honneur l'entrepreneuriat au féminin, Géraldine Le Duc a quitté son poste à l'European Synchrotron Radiation Facility (ESRF), grand laboratoire de recherche fondamentale grenoblois, pour lancer la start-up NH TherAguix. Après plus de dix ans de recherche, elle a enfin pu lancer les premiers essais cliniques. Retour sur un parcours inspirant !

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6x0a7525_bisracedweb.jpg, par AdminLetsGo

Qu’est-ce que NH TherAguix, et quelle en a été la genèse ?

Géraldine Le Duc : Depuis 2005, nous menions avec Olivier Tillement, de l'université Claude-Bernard Lyon-I, un travail de collaboration scientifique* autour de la particule de gadolinium et ses propriétés radiosensibilisantes. Nous réfléchissions à une possible application de ses effets dans le traitement des tumeurs par radiothérapie. L’idée était de multiplier les essais cliniques et de parvenir à développer ce médicament.

Il y a un fossé entre le monde académique et les grands laboratoires pharmaceutiques, qui est en partie comblé par les start-up. 75% des médicaments sont développés par des start-up, avant d’entrer dans le giron des grands laboratoires privés. En 2015, nous avons franchi un cap et nous avons créé NH TherAguix (NH TherAguix a levé 2,4 million d’euros depuis sa création, ndlr). 

 

« A près de 50 ans, lancer un projet de start-up, c’est ce qu’on peut appeler un parcours atypique ! »

 

Comment devient-on entrepreneuse après 25 ans dans la recherche ?

G.L.D : Tout simplement : à un moment donné, il faut se lancer ! J’avais une appétence pour ce petit parfum d’aventure… Et j’étais convaincue, plus que personne, que la particule était un médicament potentiel. Notre collaboration de longue date avec Olivier Tillement nous avait menés vers des constats significatifs et positifs : pas de toxicité, une facilité d’injection, un potentiel certain. Enfin, l’une de mes grandes motivations a été, entre autres, le traitement des gliomes (des tumeurs cérébrales, ndlr), qui représentent un problème de santé publique majeur.

J’étais préoccupée par l’impact de mon travail sur la société ; il fallait donc porter ce projet prometteur, autour d’une particule candidate qui permettait d’espérer un médicament. À près de 50 ans, c’est ce qu’on peut appeler un parcours atypique, mais j’avais cette envie de mener ce projet jusqu’au bout : c’est une inaccessible étoile, une quête !

 

« Pour moi, la start-up est un outil pour amener le projet le plus loin possible : l’écosystème start-up français des biotechnologies fonctionne très bien »

 

Que vous apporte la structure start-up, au-delà des questions de financement ?

G.L.D : Cela apporte beaucoup de liberté dans la façon de travailler ; nous avons la main sur notre stratégie de développement, sur les embauches, sur la manière dont on monte les essais cliniques.

Ce qui m’inquiétait, en arrivant de la recherche, étaient les compétences à acquérir dans le juridique, la comptabilité, les budgets prévisionnels, etc. Mais j’ai rencontré autour de moi un réseau de consultants et d’experts dont la bienveillance, la pédagogie et la détermination m’aident beaucoup. Pour moi, la start-up est un outil pour amener le projet le plus loin possible, c’est une spécificité française, et un outil qu’il faut solliciter et que les jeunes chercheurs doivent mieux connaître. Il y a encore à faire pour amener de la transversalité entre cet écosystème et les laboratoires de recherche !

 

*suivant la découverte de l’effet radiosensibilisant de la particule de gadolinium

 

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