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Le robinet Myriad, un best-seller de l'alsacien Horus
Entrepreneuriat

Horus, électron libre entre artisanat et industrie

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Entrepreneuriat Horus, électron libre entre artisanat et industrie

L’entreprise alsacienne fait partie de ces talents français reconnus à l’étranger et méconnus en France. Horus, spécialisée dans les sanitaires haut de gamme, équipe les hauts lieux du luxe, de Paris aux Seychelles. Rencontre avec François Retailleau, son président, qui aspire à rayonner dans son pays.

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photo_3.jpg, par AdminLetsGo

Comment Horus a-t-il introduit le luxe dans la robinetterie ?
François Retailleau : Il faut des talents et savoir raconter l’histoire derrière notre fabrication artisanale. Une robinetterie conçue par Horus peut contenir jusqu’à 50 pièces. C’est un bel objet, fascinant par son design, son mécanisme, sa technologie. Je donnerai l’exemple de la collection Myriad. Le mitigeur a cet aspect briquet or, obtenu grâce au guillochage. La France a inventé les codes du luxe. A nous de nous les approprier !

Pour cela, nous disposons de notre propre bureau d’étude qui s’appuie, occasionnellement, sur des designers, français ou pas, qui savent conjuguer avec les impératifs industriels.

 

 

 

Comment avez-vous fait pour percer sur le marché nord-américain – Etats-Unis et Canada ?

F.R : C’est un marché six fois plus grand que celui de la France dans lequel les produits venus d’Europe sont très prisés. Les Américains, comme les Canadiens, sont en recherche de tradition et d’histoire. Les produits qui ont une finition antique, une touche vintage, sont très appréciés. Le Made in France signifie beaucoup. Et au-delà du produit, c’est aussi le réseau de distribution qui fait la différence.  En plus des grandes surfaces où l’on trouve de tout, robinetterie, luminaire etc., il y a dans toutes les grandes villes américaines, des magasins indépendants, haut de gamme et très select avec qui nous travaillons. Il n’existe pas de distributeur tout puissant et c’est ainsi que notre produit de niche a réussi à se faire une place.

 

La conquête de l’ouest est visiblement bien entamée. Quid d’une conquête hexagonale, avec à la clé, une reconnaissance française ? 

F.R : Trois réseaux se partagent 80% du marché français du sanitaire et tous misent sur le volume. Par conséquent, les plus petits segments qui, comme nous, produisent 200 pièces par jour et des collections qui peuvent comporter jusqu’à une soixantaine de pièces pour proposer du sur-mesure au client final, ont du mal à émerger. Chez nous, on commande à la pièce. Rien à voir avec les gros fabricants qui sortent de leur usine des milliers et des milliers de pièces chaque jour.

Il nous faudrait créer nos propres canaux pour prendre notre destin en main. En termes de communication et de notoriété, nous avons une carte à jouer avec la digitalisation et les places de marché virtuelles.

 

Le label Entreprise du Patrimoine Vivant vous a-t-il été utile ?
F.R :
Récemment, j’ai envoyé notre diplôme EPV en Arabie Saoudite dans le cadre d’un appel d’offres. Il a un effet incontestable !
Le label EPV a fait beaucoup de bien en interne aussi. Au moment où j’ai repris Horus, toute l’équipe souffrait un peu du complexe du vilain petit canard. Ce label, accordé en octobre 2014 par Emmanuel Macron alors ministre de l’Economie, consacre la reconnaissance de notre savoir-faire et la qualité de notre produit. Il a donné de la valeur à notre métier, à l’entreprise par ricochet, et a fait naître une fierté fédératrice. Il nous engage aussi à jouer un rôle de transmission, que nous tenons d’ailleurs lors des journées portes ouvertes EPV ou de nos initiatives en matière de formation. Ce label fait partie de l’écosystème du Made in France. Ce dernier prend de plus en plus de poids sur la scène internationale. Et, revers de la médaille, nos concurrents l’ont compris et en jouent aussi, avec le Made in Italy par exemple.

 

Quels sont vos prochains challenges ?

F.R : Nous devons rééquilibrer nos canaux commerciaux et développer d’autres réseaux, complémentaires des distributeurs. Comme nous vendons des produits haut de gamme, nous sommes attendus sur la proximité client, le service et la réactivité. Nous devons gagner en habileté B2B2C, en devenant plus visible des prescripteurs.
L’entreprise a été créée en 1980. Une génération de nos employés s’apprête à prendre sa retraite. Se posent pour nous alors les questions du recrutement et de la formation de la nouvelle génération.
Les acteurs du sanitaire sont pour la plupart situés dans la Région du Vimeu, en Picardie. Mais nous sommes ici, en Alsace. Il y a donc tout un travail à faire dans notre région, pour créer une filière – formation, réseaux, sous-traitance – dans laquelle Horus pourrait s’inscrire avec d’autres acteurs de l’économie locale.

 

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