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Hostabee, reine française de l’agritech

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ApicultureHostabee, reine française de l’agritech

Avec sa ruche connectée multi-primée, la startup des Hauts-de-France a inventé un outil d’aide à la décision qui change la vie déjà de nombreux apiculteurs dans le monde... et pas que la leur ! Entretien avec Maxime Mularz, son fondateur.

Qu’est-ce qui explique le succès aussi fulgurant d’Hostabee, née il y a seulement 3 ans dans le lycée agricole où vous enseigniez les mathématiques ?

 

30%

C'est le pourcentage de notre alimentation qui dépend de la pollinisation, dont l'abeille est l'actrice majeure 

 Maxime Mularz – D’abord, le fait que notre solution réponde à une problématique mondiale pour les apiculteurs : contrairement à d’autres secteurs de l’agritech, eux connaissent tous des fléaux comme le varroa – l’ennemi n°1 des abeilles – ou des problèmes liés au dérèglement climatique. Grâce au module connecté “B-Keep” que nous avons développé, doté de capteurs d’humidité et de température, ils peuvent désormais surveiller à distance la vie de leurs ruches et augmenter l’efficacité de leurs interventions, afin de réduire le taux de mortalité de leurs colonies. Un tel système, qui peut être installé dans tout type de ruche, n’existait pas jusque-là.

Notre technologie séduit d’autant plus qu’elle se révèle utile au-delà de l’apiculture : aujourd’hui, nous connectons aussi des serres et des frigos pour les agriculteurs.

Mais l’idée ne fait pas tout : nous n’aurions pas eu ce succès sans les divers dispositifs d’accompagnement offerts par la France (Région, BPIfrance, French Tech, participation au CES de Las Vegas…), qui nous ont permis de rencontrer des investisseurs et de nouer les bons partenariats. Nous sommes fiers du chemin parcouru par notre start-up de l’Aisne !

 

Aurait-elle pu naître ailleurs qu’en France ?

M. M. – Ce qui est sûr, c’est que nous avons bénéficié d’un environnement très favorable. Nous devons notre technologie au réseau IoT français, dont les innovations s’exportent bien. Nous avons aussi trouvé dans les Hauts-de-France toutes les compétences et ressources nécessaires pour fabriquer nos boîtiers sur place et avoir des retours utilisateurs pertinents de la part d’apiculteurs qui pratiquent la transhumance, et donc connaissent bien les territoires français.

 

L’apiculture urbaine, est-ce la solution pour l’avenir ?

M. M. – L’engouement que nous constatons depuis 2 ans – nous-mêmes avons connecté des ruches sur l’Opéra de Paris ou les toits de BNP Paribas – est une belle vitrine pour les abeilles : c’est un bon moyen de sensibiliser le public. Mais ce n’est pas LA solution pour les sauver. 

300

C'est le nombre de ruches connectées déjà installées en Europe et aux Etats-Unis

La solution est dans la connexion entre apiculteurs et agriculteurs, dans le partage d’informations entre eux, pour faire en sorte que leurs activités cohabitent en bonne intelligence : que l’agriculteur sache par exemple que 10 ruches ont été installées à proximité de sa parcelle et soit capable de prévenir l’apiculteur quand il a besoin de traiter ses pommiers, ou quand son colza ou sa luzerne est en fleurs, pour y faire butiner les abeilles. C’est bien le sens des outils d’aide à la décision que nous développons chez Hostabee, en lien avec des coopératives qui nous sollicitent de plus en plus sur le sujet. Et c’est toute la valeur ajoutée de l’agritech plus largement : en permettant aux producteurs d’optimiser les usages et les traitements, la technologie est le meilleur moyen d’accompagner une transition progressive vers l’agro-écologie.


La France à l’heure des ruches : chiffres clés

30% de notre alimentation dépend de la pollinisation, dont l’abeille est l’actrice majeure

+ d’1 million de ruches dans l’Hexagone (pour un besoin de 4 millions afin de couvrir le marché)[1]

700 ruches à Paris (dernier recensement en 2015)

9 000 tonnes de miel produites en France en 2016 : une récolte historiquement basse – mais en hausse en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France[2]

30-35 % : taux de mortalité des abeilles en France en 2016[3]

2017 : Paris se dote d’un plan « Ruches et pollinisateurs »

Hostabee : 300 ruches connectées déjà installées en Europe et aux États-Unis + 2 000 commandes à destination des apiculteurs du monde entier.


[1] Source : Rapport Saddier 2009.

[2] Source : Union nationale de l’apiculture française (UNAF).

[3] Ibid.

 

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