promo_2017_paris.jpg
L'une des promotions Wintegreat, en 2017, à Paris
Réinsertion
par

Insertion des réfugiés qualifiés : deux étudiants de l’ESCP relèvent le défi

Vous lisezInsertion des réfugiés qualifiés : deux étudiants de l’ESCP relèvent le défi
5 min

Aider les personnes réfugiées en France et diplômées d’études supérieures dans leur pays d'origine à retrouver un emploi qualifié : c'est l'objectif de Wintegreat. « Une entreprise sociale » fondée en 2015, comme aiment la décrire ses fondateurs Eymeric Guinet et Théo Scubla. Pour accompagner ces réfugiés, les deux étudiants de l'ESCP Europe, proposent des formations-tremplins dans 9 grandes écoles et universités françaises. Entretien avec Eymeric Guinet.

wintegreat_-_cofondateurs.jpg

wintegreat_-_cofondateurs.jpg, par AdminLetsGo

Théo Scubla et vous êtes âgés de seulement 20 et 21 ans. Sensibles à la question de l'accueil et de l'intégration des personnes réfugiées, vous avez décidé de fonder Wintegreat. Quel a été l'élément déclencheur ?

E.G : L’élément déclencheur a été la rencontre de Rateb, un ingénieur syrien de 46 ans qui dirigeait une centrale électrique dans son pays. Arrivé comme réfugié en France, il ne maîtrisait pas la langue, ne disposait d'aucune connexion professionnelle, et s'est heurté à un manque de reconnaissance de ses diplômes. Sa situation nous a révolté mais sa détermination nous a impressionné. Nous avons donc réfléchi à un moyen de valoriser ces profils qui représentent une richesse pour notre société.

 

Wintegreat a permis à 500 personnes de suivre l'un de ses programmes cette année. 75% de ces étudiants trouvent un emploi dans les 3 mois suivant la formation. Quelles sont vos ambitions pour la suite ?

E.G : Grâce à notre première expérimentation réussie des programmes-tremplins à l’ESCP Europe, nous avons convaincu d’autres établissements de nous rejoindre. Nous sommes désormais présents dans 9 grandes écoles et universités françaises telles que HEC, l'ESSEC, Dauphine, et plusieurs IEP de province. Objectif : offrir ces programmes à 3 000 personnes par an d'ici 2021. Nous souhaitons ensuite répliquer notre modèle à l'international, et développons des sources d'autofinancement via des dispositifs de formation orientés métiers en partenariat avec le MEDEF, ou la création de WERO, premier cabinet spécialisé dans le recrutement des personnes réfugiées.

 

Concours Petit Poucet, Plan Etudiant Pour l'Innovation, le Transfert et l'Entrepreneuriat (PEPITE), statut national d'étudiant-entrepreneur... Il est parfois difficile de s'y retrouver entre les différents programmes d'aide aux étudiants qui souhaitent lancer un projet entrepreneurial. Avez-vous bénéficié d'un soutien public ?

E.G : Dès le départ, nous avons eu la chance de compter sur le soutien de Frank Bournois, directeur général de l'ESCP Europe. Il nous a donné carte blanche pour expérimenter notre modèle, solliciter des professeurs, et inviter des personnes réfugiées dans l'école. Cette première année d'expérimentation nous a apporté de la crédibilité. Puis, BNP Paribas a été la première entreprise à nous faire confiance. Jusqu'à 2018, nos financements provenaient même principalement du mécénat d'entreprise. Depuis cette année, nous avons décroché une série de financements publics de mairies (notamment Bordeaux), de départements, de régions et même du Ministère de l'Intérieur.

 

La Ministre du Travail Muriel Pénicaud est venue dans vos locaux début octobre et a annoncé l'ouverture du Plan d'Investissement dans les Compétences (PIC). Ce dernier comprend une enveloppe de 15 millions d'euros destinée à l'insertion professionnelle des personnes réfugiées, ainsi que le lancement d'un appel à projets sur ce sujet. Est-ce la preuve que les pouvoirs publics saisissent enfin l'importance de cet enjeu ?

E.G : C'est effectivement le cas. Nous travaillons d'ailleurs de plus en plus avec des collectivités territoriales, des mairies, des départements, des régions, mais aussi avec la Direction de l'asile du Ministère de l'Intérieur ou Pôle Emploi. A terme, nous souhaitons devenir une référence dans le domaine de l'intégration professionnelle.

 

Cette année, la Conférence des grandes écoles (CGE) a présenté une étude montrant que 5,3% des étudiants de grandes écoles françaises lançaient un projet de start-up à la fin de leurs études, contre 14% aux Etats-Unis. Qu’est-ce qu’il manque à la France pour atteindre ce niveau ?

E.G : Je pense que l'une des principales différences provient du système éducatif. L'éducation américaine met davantage l'accent sur une dimension capitale : la confiance en soi, une question que nous travaillons beaucoup chez Wintegreat. Culturellement, le droit à l'erreur est également beaucoup plus ancré dans les mentalités américaines. De même, l'univers des incubateurs est plus développé qu'en France, et les sources de financements plus accessibles. Mais plutôt que de systématiquement mettre l'accent sur la création d'entreprise à la sortie de l'université, il est important d'envisager les études comme le meilleur moment pour entreprendre. Le cadre des études offre en effet une protection qui permet plus facilement d'expérimenter... mais aussi d'échouer.


C'est parti pour la 2ème édition ! Participez à la 2nde édition des Trophées #LetsgoFrance ici.

Pour recevoir toutes nos publications, abonnez-vous à notre newsletter.

Intéressé ? Laissez-nous votre email.Nous vous préviendrons dès l’ouverture des candidatures.
Concours

Trophées
#LetsgoFrance

En savoir plus Découvrez les candidats

Chargement …

Le respect de votre vie privée est notre priorité.

Nos partenaires et nous-mêmes utilisons différentes technologies, telles que les cookies, pour personnaliser les contenus et les publicités, proposer des fonctionnalités sur les réseaux sociaux et analyser le trafic.
Merci de cliquer sur le bouton ci-dessous pour donner votre accord.