Jean Souchal : « L’expertise française reste fondamentale à l’international »
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Jean Souchal : « L’expertise française reste fondamentale à l’international »

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IndustrieJean Souchal : « L’expertise française reste fondamentale à l’international »

Leader mondial des télécabines, télésièges et, plus généralement, du transport par câble, Poma célèbre cette année son 80e anniversaire. L’entreprise iséroise n’a cessé depuis sa création d’innover, avec un palmarès incroyable de records et de premières mondiales. Jean Souchal, président du directoire, se réjouit que les compétences françaises soient si appréciées à l’international.

Être une entreprise française représente-t-il un avantage concurrentiel ?

Jean Souchal : Depuis les premiers développements des équipements de montagne, des années 40 à 70, l’expertise française dans ce domaine est mondialement reconnue. Nous avons été précurseurs, soutenus par de nombreuses initiatives économiques comme le Plan et la loi montagne, les grandes campagnes d’aménagement. Et cette expertise est encore aujourd’hui fondamentale à l’international pour l’obtention de contrats, notamment dans les équipements olympiques comme en Corée du Sud ou en Chine, pour les prochains jeux de 2018 et 2022. Plus largement, notre savoir-faire est apprécié dans tous les pays où le ski tient une place importante, que ce soit au Kazakhstan ou en Russie. En la matière, la France a une vraie carte  à jouer. Dans un environnement plus urbain, Poma a aussi une vaste expertise puisque nous étions déjà à Alger dans les années 70 pour la création du téléphérique en ville. En France, nous avons une véritable force d’ingénierie et ce dès l’amont.

 

Cette capacité d’ingénierie participe donc au succès des produits Poma ?

J.S : Ce qui fait notre leadership, c’est avant tout notre conviction quant aux  possibilités techniques du câble. Pas en substitution par rapport à d’autres systèmes, mais en apport supplémentaire.  Cela nous permet de traverser des rivières, de monter des dénivelés importants, d’aller vers des systèmes plus structurés comme un tramway ou un métro. Nous y croyons depuis des décennies.

Cette année, à Oruro, en Bolivie, nous venons ainsi de livrer une télécabine débrayable, plus économe en énergie et moins sonore. Elle sera capable de transporter jusqu’à 1000 personnes par heure. Cet été, c’est la tour i360 qui a été inaugurée à Brighton, au Royaume-Uni. Cette attraction touristique unique et futuriste emmène les passagers à 138 mètres du sol. Ce qui nous importe, c’est de créer de la valeur localement. Cela passe par un service qui répond aux attentes des habitants, mais aussi par des implantations locales, avec des collaborateurs du pays. Nous faisons évoluer le modèle économique pour être au plus proche de l’économie locale… et de nos concurrents.

 

Poma est une ETI qui a la planète comme champ d’activité.

 

La France valorise-t-elle assez la dynamique de ses entrepreneurs ?

J.S : Nous évoluons dans un pays qui compte de remarquables sociétés, capables de beaucoup d’ingéniosité, de créativité, d’innovation et d’expertise. Et nous nous inscrivons dans cette dynamique. Poma est une ETI qui a la planète comme champ d’activité et des valeurs partagées par l’ensemble de ses collaborateurs. Pour réussir, il faut savoir sortir des habitudes pour s’éclater. On ne parle pas assez des réseaux des missions économiques et des ambassades qui jouent un rôle très important. Il y a certainement des choses à parfaire, mais nous avons des atouts indéniables et il faut avoir confiance en soi. C’est très important pour l’avenir et ça marche. La preuve, nous y arrivons !

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