Jérôme Gratelle, Président et co-fondateur d’Air-Indemnité
Legal tech

Jérôme Gratelle vole au secours des passagers aériens français

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Legal techJérôme Gratelle vole au secours des passagers aériens français

#LetsgoFrance a rencontré Jérôme Gratelle, Président et co-fondateur d’Air-Indemnité, une jeune pousse spécialisée dans l’indemnisation des passagers aériens.

En quoi consiste Air-indemnité.com ?

Chaque année, 20 millions de passagers aériens européens dont 3 millions de français subissent des retards, annulations, ou reports de leurs vols. Selon la situation, la réglementation prévoit une indemnisation forfaitaire qui peut atteindre 600€ par passager. Or 90% des voyageurs victimes de ces retards ignorent leurs droits ou abandonnent les démarches faute de temps et de moyens. De plus en plus de passagers aériens confient donc directement leurs dossiers à Air-Indemnité, via notre site internet, et nous nous chargeons de l’intégralité de la procédure d’indemnisation. Le passager optimise ainsi ses chances et le montant de son indemnité, sans s’en soucier.

 

Quel est l’apport du numérique dans ce projet ?

Air-indemnité ne peut exister sans l’apport du numérique. En effet, l’enjeu financier par dossier s’élève en moyenne à 400€, ce qui exige une maîtrise des coûts qu’un traitement traditionnel « 100% humain » ne permet pas. Nous avons donc développé une approche hybride « homme/machine » en concevant des briques technologiques au service de notre équipe, lui permettant de se concentrer exclusivement sur les tâches à forte valeur ajoutée. Nous avons ainsi pu dépasser les 100.000 demandes traitées à fin 2015 tout en assurant un grand niveau de qualité à chacun de nos clients.

 

« L’intelligence humaine reste maitresse de la décision finale  » Jérôme Gratelle, fondateur d’Air-indemnité

 

La plateforme dispense-t-elle de recourir à un avocat ?

Aujourd’hui, 20 personnes travaillent pour Air-indemnité.com. Nos juristes assurent la résolution amiable avec les compagnies aériennes des dossiers d’indemnisation, ce qui représente aujourd’hui près de 90% de nos dossiers. Pour les dossiers plus complexes où la procédure amiable n’aboutit malheureusement pas, nos clients ont la possibilité de recourir à un avocat qui sera en mesure de le représenter devant la juridiction appropriée.

 

Les professions légales doivent-elles, de manière générale, craindre les Legal Tech telles qu’Air-indemnité ?

Ce qu’on qualifie de Legal Tech aujourd’hui deviendra le standard des professions légales demain. Il serait étrange de penser que la révolution technologique que nous vivons contourne le seul territoire de la justice. Cette transition me semble même nécessaire si nous tenons au principe d’une justice compréhensible par tous, accessible à tous et performante pour tous.

Et les professions légales d’aujourd’hui (législateurs, juges, avocats, etc.) ne doivent pas en avoir peur. A titre d’exemple, dans le cas précis d’Air-Indemnité, le recours à la technologie permet de favoriser de manière indirecte l’activité des avocats en leur permettant d’identifier les dossiers où leur intervention est nécessaire.

C’est d’autant plus vrai en contentieux où tout l’art consiste à rapprocher un droit complexe et peu structurée d’une situation elle-aussi complexe et peu structurée. La place laissée à l’interprétation, au jugement de l’homme reste donc à ce jour immense. Et même si un jour la capacité de jugement des machines devait dépasser celle du cerveau humain : quelle société accepterait qu’une décision soit prise par un algorithme que personne ne comprend plus ? Cela semble contradictoire à l’idée même d’une justice des hommes.

 

« Avec l’avènement de la Génération Y, la culture de la carrière toute tracée tend à s’effacer. Cette volonté de liberté, ce refus de l’établissement des nouvelles générations est très positif pour la France. » Jérôme Gratelle

 

En tant qu’entrepreneur, comment percevez-vous l’écosystème français ?

La France est reconnue pour l’excellent niveau de ses écoles d’ingénieur et plus largement de son système d’enseignement supérieur, mais aussi pour la qualité de ses infrastructures. De plus, avec l’avènement de la Génération Y, la culture de la carrière toute tracée tend à s’effacer. Cette volonté de liberté, ce refus de l’établissement, cette volonté d’entreprendre son futur des nouvelles générations est très vertueux pour les startupers et pour la France.

 

Que manque t-il aux legal tech françaises pour être plus compétitives à l’échelle mondiale ?

Je ne peux m’empêcher de penser aux startups américaines qui disposent de fonds considérables à des stades très précoces de développement. Les investisseurs américains n’hésitent pas à miser massivement sur le développement d’un marché naissant en vue de se développer très vite et de s’assurer très tôt une situation de monopole. En France, nous avons une culture historiquement beaucoup plus réticente à la prise de risque, mais cela tend à se corriger ces dernières années, notamment grâce à l’action des premiers entrepeneurs à succès du web français qui parviennent à changer les codes. Il devient moins rare d’observer des levées de fonds de 10 millions dans notre pays. Elles restent évidemment d’un niveau moindre que de l’autre côté de l’Atlantique, mais cela va dans le bons sens !

L’autre atout français est son CAC40. Plus généralement les très grandes entreprises  françaises pourraient s’appuyer beaucoup plus massivement sur l’eco-système start-up. Pour des investissements très mesurés à leurs échelles, ces paquebots pourraient tirer un énorme profit de l’agilité, l’énergie, la vision et la capacité à innover des start-ups, atouts qu’il est très difficile de reproduire en interne dans un grand groupe. Il est toujours rageant de voir un grand groupe rater un virage business alors que la solution se trouvait depuis 5 ans dans une petite start-up de la rue d’à côté qui a bien du mal à se développer par manque de moyen financier.  Bref formidables symbioses possibles entre Start-up et CAC40 - Let’s go France !

 

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