La Fémis, vivier inépuisable du cinéma français
La Fémis, vivier inépuisable du cinéma français
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La Fémis, vivier inépuisable du cinéma français

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CinémaLa Fémis, vivier inépuisable du cinéma français

Le 24 février 2017, la cérémonie des Césars viendra récompenser les films et créateurs qui ont contribué, en 2016, à une nouvelle année record pour le cinéma en France. Entretien avec Nathalie Coste Cerdan, directrice de la Fémis, qui forme des talents de plus en plus ouverts sur le monde.

À quoi la Fémis doit-elle sa réputation mondiale ? Quelle est sa recette ?

 

Nathalie Coste Cerdan – Il y a d’abord l’héritage historique : l’école a succédé en 1986 à l’IDHEC, qui avait déjà formé de grands réalisateurs, et a accompagné un mouvement de référence, la Nouvelle Vague, qui a consacré l’avènement de l’auteur dans le cinéma mondial. Aujourd’hui encore, la Fémis incarne cette spécificité française à l’étranger.

C’est aussi une école à part dans le paysage hexagonal. Son enseignement repose beaucoup sur la pratique : il n’y a pas de programme et les élèves sont accompagnés individuellement sur le chemin de la création par des professionnels du cinéma, avec des moyens  importants à leur disposition. En outre, c’est l’une des seules écoles couvrant tous les métiers du secteur, à l’exception du métier d’acteur, ce qui favorise la conscience d’être partie prenante d’une équipe et une bonne compréhension du métier de l’autre.

La Fémis est enfin une école d’art : le point de vue artistique y prime sur tous les autres. Nos apprentis producteurs doivent savoir faire un devis de financement, mais surtout déceler et accompagner des artistes. Les scénaristes doivent savoir inventer de nouvelles manières de raconter les histoires, et les réalisateurs de nouvelles formes pour les montrer. Cet esprit d’innovation, où le désir de cinéma transcende les genres, est au cœur de notre enseignement et nous vaut une bonne part de notre aura. Que ce soit un film d’horreur, un thriller politique ou une chronique sociale, les créations de nos étudiants sont toujours bien accueillies par les festivals.

 

Avec les années, l’école s’est beaucoup ouverte à l’international…

 

N. C. C. – Oui. Nous essayons d’élargir le regard et l’expérience des élèves en les envoyant en stage dans des établissements du monde entier : États-Unis, Suisse, Argentine, Chine, Japon, Corée, etc., l’enseignement de chaque métier étant structuré autour d’un échange privilégié avec une école. C’est un vrai atout pour préparer nos futurs diplômés à une économie du cinéma qui se mondialise.

En contrepartie, des étudiants étrangers viennent à Paris pour bénéficier d’un choc culturel similaire. Nous organisons aussi un concours international à travers les ambassades de France à l’étranger, pour diversifier nos promotions. Cela contribue à la fois à l’insertion des créateurs français dans le monde et à la réputation de la Fémis à l’international. 

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