La France incube des futures licornes
Cybersécurité

La France incube des futures licornes

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CybersécuritéLa France incube des futures licornes

Face aux cyber-attaques contre les sites Internet et les infrastructures industrielles, des entrepreneurs français inventent des solutions à vocation mondiale. Bienvenue dans une ère « post anti-virus » où la protection requiert l’intelligence artificielle.

15 février 2017 par AdminLetsGo


Où sont fabriqués les chapeaux Panama ?

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La date restera dans les annales. Le 21 octobre 2016, une énorme cyberattaque rendait inaccessible aux Etats-Unis les sites de Twitter, ebay, Amazon et CNN. L’événement n’est pas isolé. Quelques semaines plus tôt, Yahoo annonçait s'être fait dérober les données de 500 millions d'utilisateurs. Ces attaques vont-elles se multiplier ? Les ripostes arrivent à leur tour. En France, ces cyber-menaces font éclore des futurs champions de la cybersécurité, comme l’atteste le succès de Cybelangel au Slush d’Helsinki. « Il y a une vraie révolution en cybersécurité, en particulier avec l'intelligence artificielle » , explique le fondateur de la start-up toulousaine Itrust, Jean-Nicolas Piotrowski. La France, terre de mathématiciens, a d’excellents chercheurs et de nombreux établissements de formation performants en informatique et en électronique. Le secteur est en plein boom, avec quelques 600 entreprises. « Nous avons toutes les briques sur l'ensemble des métiers avec des champions comme Thales et des start-ups prometteuses », se réjouit Jean-Nicolas Piotrowski. La croissance du secteur devrait avoisiner 10% par an jusqu’en 2020, selon une autre étude (Pipame). Seule ombre au tableau, la commande publique ne serait pas encore au rendez-vous pour booster les nouvelles offres. Il n’empêche, le secteur français avance à grands pas et déjà plusieurs start-ups visent le leadership. En voici trois d'entre elles.

 

« Nous avons toutes les briques sur l'ensemble des métiers avec des champions comme Thales et des start-ups prometteuses » Jean-Nicolas Piotrowski

 

Sentryo protège les réseaux de contrôle commande

« Notre objectif, c'est d'être l’un des trois leaders mondiaux sur notre marché », annonce Thierry Rouquet. Sentryo, qu'il a créé avec son collègue Laurent Hausermann après avoir revendu Arkoon Network au groupe Airbus, est spécialisée dans la surveillance des réseaux industriels (transports, eaux, électricité, etc). « Notre solution détecte des signes avant-coureurs de cyberattaque à partir de signaux faibles ». Créée en 2014, l'entreprise lyonnaise a déjà une vingtaine de clients grands comptes dont le CEA, un brevet en cours de dépôt et 2,5 millions d'euros levés auprès de capital risqueurs. L'objectif clamé est-il trop ambitieux ? « Le marché émerge vite, il faut maintenant qu'on soit présent aux Etats-Unis », précise l'entrepreneur de 57 ans.

 

Ziwit s’est attaqué à Google Calendar

Pour Mohamed Boumediane, franco-marocain de 29 ans et créateur de Ziwit, « les firewalls et les anti-virus, c'est obsolète». La meilleure défense, c'est l'attaque, ajoute-t-il. C'est ce que fait son offre HTTPCS, en simulant des attaques sur les sites des clients.      « L’un de nos premiers clients a été Google Calendar, aujourd'hui nous avons 70% des entreprises du CAC 40 », révèle le jeune homme. Et au total, quelques 9400 entreprises clientes. Après un bac au Maroc, Mohamed Boumediane a étudié la cybersécurité à Limoges avant de s'installer à Montpellier. « Nous avons d'excellents mathématiciens, ils sont heureux de venir travailler, à cause du bon cadre de vie et de notre management horizontal » , ajoute-t-il. Prochaine étape pour Ziwit, l’introduction en bourse, prévue en 2017.

 

ITrust, le « Critéo de la cybersécurité »

« Il y a une rupture technologique majeure en cybersécurité, que peu de monde avait anticipé : c'est l'utilisation de l'intelligence artificielle, précisément du machine learning non supervisé », explique le toulousain Jean-Nicolas Piotrowski. Avec une quarantaine de collaborateurs, sa start-up s'inspire des algorithmes utilisés dans les salles de marché, pour détecter des attaques inconnues. « Quand nous avons commencé à travailler sur des algorithmes en 2007, il manquait les outils du big data comme Hadoop. Aujourd'hui nous avons ces outils, nous sommes bien organisés et nous avons levé un peu plus de 3 millions d'euros auprès de trois banques » , indique l'entrepreneur de 40 ans. Son offre Reveelium vient de séduire EDF et un premier client américain. « C'est en train d'exploser, il n'y a que 5 sociétés au monde comme la nôtre et nous sommes les seuls Européens », constate Jean-Nicolas Piotrowski. ITrust, comme Ziwit,Sentryo et Cybelangel, arrivent au bon moment.

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