BIOMAE FONDATEURS
Les fondateurs de la start-up Biomae, Guillaume Jubeaux, Olivier Geffard, Arnaud Chaumot et Laurent Viviani.
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L’aindinoise Biomae veut fixer les nouveaux standards des études environnementales

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5 min

Quand l’innovation fait autorité ! Biomae étudie l’impact des contaminants sur le vivant grâce à une nouvelle génération de bio-essai. La start-up a choisi de se lancer dans une démarche de norme volontaire pour faire de son innovation le cadre de référence nationale. Un moyen de tirer le marché français vers le haut et un coup d’avance commerciale pour celui qui ose ! Point stratégie avec Guillaume Jubeaux, co-fondateur et responsable technique et R&D de Biomae et Fabrice Fauroux, Responsable Produit – Services sur mesure à l’AFNOR.

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screen_shot_2019-03-28_at_6.13.29_pm.png, par AdminLetsGo

Que fait Biomae et qu’est-ce qui fait votre particularité ?

Guillaume Jubeaux : Nous sommes une start-up dont l’innovation est directement issue de la recherche publique. De 2003 à 2013, les équipes des laboratoires d’Irstea ont étudié les moyens de mesurer l’impact des contaminants chimiques sur les organismes vivants. Pour évaluer la pollution des cours d’eau, par exemple, on a souvent réalisé des analyses en laboratoire. Grâce à Olivier Geffard et Arnaud Chaumot, deux chercheurs qui sont aujourd’hui dans notre comité scientifique, ces tests peuvent désormais être effectués in situ, en milieu aquatique. Le bio essai que nous avons depuis développé et commercialisé est à base de gammares, des petits crustacés que l’on retrouve dans les cours d’eau d’Europe. Disposés à certains endroits et d’une certaine façon, les gammares absorbent toutes sortes de substances. Une fois qu’on les broie, on peut détecter avec précision la présence de pesticides, d’hydrocarbures etc. Pour en arriver là, il a fallu créer les outils d’analyse et définir les valeurs de référence pour interpréter de façon fiable les résultats. C’est une première pour le marché du risque et de la gestion de l’environnement !

 

A quel moment avez-vous considéré la norme volontaire comme un levier de développement ?
 

Guillaume Jubeaux : La directive cadre sur l’eau demandait jusqu’à présent de suivre une cinquantaine de substances chimiques à partir de prélèvements d’eau, faits dans les rivières. En 2013, la directive évolue et exige des compléments de mesures dans l’eau et dans le biote, c’est-à-dire, l’organisme vivant. C’est là que nous réalisons que nous avons un coup d’avance mais qu’il n’est ni lisible ni visible de notre marché. Nous nous sommes alors tournés vers la norme volontaire et avons rencontré l’Afnor pour voir comment faire connaître notre approche et en faire la référence du marché, sans dévoiler notre recette. C’est précisément la subtilité d’une norme volontaire : se découvrir un peu pour faire avancer toute la filière, tout en se créant une longueur d’avance grâce à une technologie qu’on maîtrise totalement.

 

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Fabrice Fauroux : Quand j’ai rencontré Biomae, ils étaient face à un problème de visibilité sur le marché.  Leur innovation permettait de faire, plus vite et à moindre coût, les tests demandés par la directive, cependant, à chaque fois que la start-up présentait son service à un industriel, ce dernier avait besoin d’être rassuré quant à la « validité » de la méthode d’analyse. Il manquait de repères. Malgré la valeur scientifique des arguments qui lui étaient exposés, cela  ne le renvoyait pas à ce qu’il connaissait ou ce qu’il avait l’habitude d’utiliser. La méthode Biomae n’était donc pas assez crédible. Or, c’est justement l’un des bénéfices que peut apporter la norme volontaire : définir collectivement des repères qualitatifs, relatifs à un produit ou un service, pour rassurer le marché. Aussi, nous les avons accompagnés en ce sens, au travers d’un service sur mesure dédié aux entreprises en posture d’innovation, l’étude de faisabilité.

 

Quel est l’effet recherché de la norme volontaire ?

Fabrice Fauroux : Il ne s’agit pas du tout de révéler au monde entier le savoir-faire particulier d’une innovation. La normalisation volontaire est un vecteur d’orientation des usages sur un marché. C’est donc une donnée d’entrée incontournable d’une stratégie de développement. De ce point de vue, la complémentarité norme/brevet est bien souvent payante. Le brevet protège la propriété intellectuelle d’une innovation, alors que la normalisation diffuse les bénéfices, les performances. Elle fait savoir aux acteurs d’un marché qu’une nouvelle voie, une nouvelle solution existe. Ce qui permet, dans bien des cas, de positionner favorablement l’innovation et d’élever les standards du marché en question.

Guillaume Jubeaux : Nous avons jusqu’à présent réussi notre commercialisation car nous étions identifiés comme la start-up d’Irstea, qui tient ce rôle de tiers de confiance. Il est temps maintenant de travailler à l’expertise de Biomae en tant que telle et à notre image sur le marché et ainsi rassurer le client, crédibiliser notre outil. Nous avons normalisé le test de bio accumulation à partir des gammares. La norme expérimentale a été publiée ce mois-ci. Nous nous sommes donnés les moyens d’orienter le marché en notre faveur. Nous serons désormais plus visibles, avec une sacrée avance de phase sur le marché.
Cette première étape réalisée, nous nous orientons maintenant vers l’international, avec un projet de norme ISO.


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