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©Pierre Torset
Agriculture urbaine

Le miel parisien, le produit rare d’une agriculture sensible

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Agriculture urbaineLe miel parisien, le produit rare d’une agriculture sensible

Audric de Campeau installe ses ruches sur les toits de Paris avec autant de passion que de raison. Si l’apiculture dans la capitale est un rêve qui attire les plus fins gourmets, elle n’en rappelle pas moins les exigences d’un miel de qualité et la fragilité de nos écosystèmes locaux. Rencontre.

Comment devient-on apiculteur sur les toits de Paris ?

Audric de Campeau : Un peu comme dans un rêve ! C’est au culot que j’ai demandé à l’Hôtel des Invalides le droit d’installer une première ruche en 2010, alors que j’étais étudiant mais déjà très amoureux de mes abeilles champenoises. Au départ, j’ai été surpris du caractère unique de ce miel aux notes exotiques, vraiment dingue, à la hauteur des plus grandes signatures de la ville. J’ai grandi peu à peu, place Beauvau, Musée d’Orsay… en numérotant mes pots en série limitée, en cultivant l’exclusivité et le goût d’un savoir-faire artisanal, et en passant à la transformation du miel en hydromel, bonbons et nougats dans notre propre labo et sous la gouverne de notre chef pâtissière, Lise Fournière. J’aime travailler dans cet état esprit, et mettre en valeur l’excellence et la rareté. C’est ce qui a séduit de grands noms de la gastronomie et nous a permis d’intégrer le Collège Culinaire de France. Une belle histoire comme on n’en connaît qu’à Paris !

 

Paris est donc un environnement favorable à l’apiculture, alors même que la production de miel connaît des temps sombres en Europe ?

A .C. : Il existe ici des conditions favorables qui sont aussi le reflet des dangers qui menacent ailleurs les abeilles. Pas de pesticides, une véritable biodiversité tout au long de l’année, et un parc floral magnifique. Paris est très vert et la mise à disposition d’espaces et de terrasses par la mairie ou les entreprises pour l’apiculture est un vrai tremplin. Mais il ne faut pas s’y méprendre. D’abord, parce que la ressource florale n’est pas extensible à loisir, et que l’objectif n’est pas d’introduire plus d’abeilles que de fleurs. Et enfin parce qu’il faut, justement, prendre conscience du travail que représente l’entretien d’une ruche. Un apiculteur ne prend pas de vacances l’été et doit disposer d’une excellente formation pour gérer les risques et assurer la santé d’une colonie en zone urbaine. 

 

Est-ce le reflet des problématiques de l’agriculture urbaine ?

A.C. : Bien- sûr. On ne cultivera jamais du maïs et du blé en ville, on peut faire pousser plein de choses mais dans des quantités limitées, qui coûtent aussi plus cher. L’agriculture urbaine, qu’elle soit celle d’une entreprise comme la mienne, ou celle d’un jardin partagé, est merveilleuse quand elle permet de sensibiliser à la nature des produits que nous consommons, aux saisons, à la richesse de la production locale et aux liens humains qu’elle permet de créer. Mais cette richesse est menacée et c’est aussi l’occasion de prendre conscience du juste prix de l’alimentation, pour que celle-ci soit de qualité et pas trafiquée.

 


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