Le mouvement Ethic veut dynamiser l'économie française
La Défense, quartier d'affaires de la région parisienne.
Entretien

Le mouvement Ethic veut dynamiser l'économie française

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EntretienLe mouvement Ethic veut dynamiser l'économie française

Alors que la campagne pour la présidentielle bat son plein, le mouvement Ethic*, avance plusieurs propositions, émanant des chefs d'entreprises, pour réformer le pays. Avec un mot d'ordre : stimuler la confiance et la prise de risques. Entretien avec sa présidente, Sophie de Menthon.

Le mouvement Ethic veut porter un regard managérial sur la France, pourquoi ?

Sophie de Menthon : Tout simplement parce que nous constatons qu'il y a, de la part du personnel politique, et en particulier de certains candidats à la présidentielle, une ignorance du terrain. L'économie est quasiment traitée en annexe, dans les discours et les débats, et encore, personne ne parle de choses concrètes, comme le code du travail, le maquis des subventions, les contraintes auxquelles font face les entrepreneurs tous les jours. Et c'est d'autant plus dommage que les études d'opinion montrent que, pour l'avenir du pays, 82% des Français font confiance aux entreprises, contre 12% seulement aux politiques !

 

Est-ce pour cela que vous avez voulu plancher sur des propositions envoyées aux candidats ?

SdM : Absolument ! Nous avons le sentiment de ne pas exister, alors qu'il faudrait réformer la France en portant un regard de gestionnaire d'entreprise sur son fonctionnement. C'est ainsi que nous proposons de réduire les dépenses de l'Etat. Il ne s'agit pas de réduire les bénéfices que les Français tireront des dépenses de l'Etat, mais de rationaliser celles-ci pour qu'elles soient plus efficaces.

 

"Pour l'avenir du pays, 82% des Français font confiance aux entreprises"

 

Quelles sont les principales réformes que vous proposez?

SdM : L'une concerne l'administration. Nombreux sont les fonctionnaires qui ne sont pas heureux à leur poste, car il n'y a pas de gestion des ressources humaines ni des carrières. Nous proposons ainsi que des DRH et des chasseurs de tête travaillent avec les administrations, de même que nous proposons à ceux qui le souhaitent - hormis les policiers, militaires, diplomates et magistrats - d'abandonner leur statut pour mieux valoriser leurs talents ou se consacrer, par exemple, à la création d'entreprise. Nous sommes persuadés qu'environ 20% des fonctionnaires seraient intéressés par ce dispositif, assorti d'une indemnité. Par ailleurs, l'Etatpourrait largement sous-traiter certains services, qui seraient effectués par des entreprises privées. N'oubliez pas que ce n'est pas l'administration qui créé de la richesse, mais les entreprises !

 

Y-a-t-il d'autres réformes qui vous tiennent à cœur ?

SdM : Nous proposons également d'en finir avec toutes les subventions dont bénéficient les entreprises, à part le Crédit Impôt Recherche pour les dépenses de R&D, qui fonctionne bien. En contrepartie, évidemment, nous souhaitons des baisses de charges. Le but est d'avoir plus de transparence et plus de confiance. Par ailleurs, nous proposons un seul régime de retraite pour tous, pour plus d'équité et de justice. Et enfin, des allocations chômage, si nécessaire, aux entrepreneurs qui prennent des risques et peuvent connaître un échec. 

 

Au-delà de ces réformes, c'est une révolution culturelle que vous semblez proposer…

SdM : En effet ! Les politiques ne cessent de nous dire « faites-nous confiance », or les manquements à l'éthique sont nombreux. Nous disons au personnel politique « A vous de nous faire confiance ».

 

*Ethic, pour Entreprises à Taille humaine, indépendantes et de croissance.

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