VIinci : dans les coulisses d'une réussite française
Nouvelle Route du littoral à la Réunion, construite par Vinci.
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Vinci : dans les coulisses d'une réussite française

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OrganisationVinci : dans les coulisses d'une réussite française

Vinci, acteur mondial de la concession et de la construction d’infrastructures, vient de livrer la LGV Tours-Bordeaux avec six semaines d’avance. Xavier Huillard, PDG, fervent défenseur de l’énergie entrepreneuriale de son groupe, partage quelques secrets de réussite.

Le groupe Vinci comprend 185 000 collaborateurs. Pourquoi aimez-vous dire qu'il sait grandir sans grossir ?   
Xavier Huillard : Depuis 27 ans, dans mes différentes fonctions, je m'attache à faire grandir l'entreprise tout en préservant son agilité. Nous avons donc développé le Groupe en conservant un siège léger, frugal, et en donnant une grande autonomie à nos 3000 unités opérationnelles. Cela nous confère une grande capacité à accueillir de nouvelles sociétés en leur démontrant que notre décentralisation préservera leur culture et leur vigueur entrepreneuriale. Cela nous permet aussi de laisser prospérer des herbes folles, des initiatives lancées par nos managers.

 

Par exemple ?
X. H. : L’un de nos ingénieurs, amoureux de la Grèce, a pensé qu’en mobilisant les technologies les plus modernes, il était possible de bâtir un pont sur le détroit de Corinthe, en dépit de sa sismicité. Il a même imaginé un moyen de financement grâce au modèle de la concession. Nous lui avons donné carte blanche pour convaincre les autorités grecques.  Il a dirigé la construction du pont, a réussi à inclure celui-ci dans le parcours de la flamme olympique à l’occasion des Jeux de 2004. Il a terminé sa carrière en courant à ses côtés, sur « son » pont !

 

 

 

Comment créer plus de cohérence, plus de robustesse d'ensemble ?
X. H. :
Nous forgeons notre équilibre grâce à trois principes. Nous associons des métiers aux temporalités différentes. Vinci Énergies opère sur des chantiers de courte durée, Vinci Construction dans le moyen terme, Vinci Concessions sur le temps long. Ces temporalités différentes fabriquent beaucoup de résilience. Ensuite, nous avons développé l'actionnariat salarié, au point que nos salariés constituent notre premier actionnaire, avec 12 % du capital. C’est un levier de responsabilisation et d’engagement puissant. Enfin, nous sommes convaincus qu'il n'existe pas de réussite économique durable sans un projet humain ambitieux. Notre politique RSE est très décentralisée et l'enjeu est que les patrons locaux en fassent un levier de développement économique.

 

« La France est la première à avoir créé des écoles spécialisées de très grande qualité dans le BTP, alors que nombre d’autres pays n’ont pas d’établissements entièrement dédiés à ces métiers. »

 

Quel est le rôle du PDG ?
X. H. :
Il est d'aller au contact des équipes pour entretenir la culture du groupe. De manière formelle, je tranche sur les prises de risques les plus importantes et sur les acquisitions d'entreprises, quelle que soit leur taille, pour juger de leur concordance avec notre culture. Au-delà, je donne mon avis quand on me le demande et le fais connaître quand on ne me le demande pas ! (rires)
 

Comme expliquer que les Français soient leaders dans le BTP ?
X. H. : La France est la première à avoir créé des écoles spécialisées de très grande qualité dans le BTP, alors que nombre d’autres pays n’ont pas d’établissements entièrement dédiés à ces métiers. Une raison historique tient à la qualité de visionnaire qui a longtemps caractérisé le pouvoir politique en France. Il a permis de créer des réseaux d’autoroutes, de chemins de fer, des centrales nucléaires … À l’époque, les projets se pilotaient au plus haut niveau de l’État.
Mais l'heure est aujourd'hui à la décentralisation. Ayant fait depuis longtemps le choix délibéré de la décentralisation et du réseau, Vinci peut grandir sans grossir, sans asphyxier l’énergie entrepreneuriale de ses managers par des processus inutiles. Et très souvent prendre le relai du politique dans le domaine du financement ou de la maîtrise d’ouvrage de grandes infrastructures publiques. Mais la décision concernant l’utilité publique reste et doit rester l’apanage des élus du peuple.

 

Pour plus de détails voir "Grandir sans grossir, le management du groupe Vinci"

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