Xavier Lorphelin : « La France a une carte à jouer dans le Big Data et l’intelligence artificielle »
Nouvelles économies

Xavier Lorphelin : « La France a une carte à jouer dans le Big Data et l’intelligence artificielle »

par

Nouvelles économiesXavier Lorphelin : « La France a une carte à jouer dans le Big Data et l’intelligence artificielle »

Serial entrepreneur et cofondateur de Serena Capital, Xavier Lorphelin se félicite de l’émergence d’une dynamique française autour de la Data. Pour accompagner ce mouvement, Serena Capital vient de lancer un fonds dédié au big data et à l’intelligence artificielle, Serena Data Ventures.

Depuis 2008, vous investissez dans des startups. Pourquoi lancer maintenant un fonds dédié au big data?

Xavier Lorphelin : Nous recevions de plus en plus de dossiers très technologiques autour du big data et de l’intelligence artificielle (IA) qui ne rentraient pas dans la logique d’investissement de nos deux autres fonds. Nous avons donc créé Serena Data Ventures, doté de 80 millions d’euros, pour accompagner de nombreux projets qui s’apprêtent à profondément changer des secteurs majeurs d’activité. Nous assistons aujourd’hui à une troisième révolution : après Internet et le cloud, la data va changer les usages et les services que ce soit dans le domaine médical, la banque et l’assurance, l’agriculture, l’énergie...

 

« Serena Capital est un fonds d’investissement unique en France, ce qui nous donne une légitimité supplémentaire. »

 

Ce fonds est-il unique en France ?

X.L. : Non seulement il est unique en France, mais aussi en Europe ce qui nous donne une légitimité supplémentaire. C’est très excitant car, étant les premiers, nous voyons pleins de supers dossiers et nous sommes très sollicités ! La France a une vraie carte à jouer sur ces sujets car nous avons d’excellents ingénieurs et techniciens. Qu’il s’agisse de deep learning, d’intelligence artificielle ou de big data, ces sujets font partie de leur formation depuis des années. Les grands groupes internationaux, comme Facebook, le savent bien et viennent profiter de ce terreau de talents importants.  A nous de jouer les bonnes cartes en aidant des belles startups. D’ailleurs, ce fonds est abondé aussi bien par des acteurs institutionnels comme BPIFrance que par de grandes entreprises telles qu’Allianz, MACF, Maif, BNP Paribas ou des investisseurs privés. On voit bien l’intérêt que ces thématiques suscitent chez eux.

 

Avez-vous déjà investi dans un projet ?

X.L. : Nous venons d’investir un peu plus d’un million d’euros chez Heuritech. Cette entreprise a été créée par des ingénieurs spécialisés dans le deep learning. Leur solution permet la reconnaissance automatique, et en temps réel, d’objets, formes et textures d’une image sur le web. Elle intéresse tout particulièrement de grandes marques du luxe et de la mode. La vocation de Serena Data Ventures est d’investir dans une vingtaine de startups françaises avec des tickets allant de 500 000 à 2 millions d’euros pour financer leur démarrage. Mais nous avons aussi la capacité de doubler ce montant sur certains projets.

 

La dynamique est en marche pour la « French data ».

 

Comment accompagnez-vous l’écosystème de la data ?

X.L. : Nous avons créé Driven Data Paris, un événement mensuel qui accueille à chaque édition 150 à 200 participants et crée une vraie émulation. Ils sont organisés en partenariat avec un fonds américain ce qui donne une visibilité immédiate aux startups françaises présentes. Nous y accueillons des créateurs d’entreprise bien sûr, mais aussi des chiefs data officers de grands groupes, des profils plus académiques de l’Inria et du CNRS... Tout cela crée une belle émulation. Nous avons aussi mis en place toute une logique d’accompagnement en fédérant des entrepreneurs qui ont réussi et qui acceptent de passer du temps en tant que coach et board member, comme Bertrand Diard, président de Tech in France et fondateur de Talend. La dynamique est en marche pour la « French Data ».

Chargement …