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Ce que l’arrivée de l’Agence européenne du médicament à Lille pourrait changer

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SantéCe que l’arrivée de l’Agence européenne du médicament à Lille pourrait changer

La ville a été désignée officiellement pour représenter la France comme candidate potentielle dans la relocalisation de l'Agence européenne du médicament, actuellement basée à Londres mais qui devra déménager suite au Brexit. En 1993, la ville des Hauts-de-France était arrivée en deuxième position, juste après la capitale anglaise.

C'est officiel, la France a choisi la ville de Lille pour candidater officiellement auprès de l'Europe afin d'accueillir l'Agence européenne du médicament. Cette dernière, actuellement basée à Londres, est vouée à être relocalisée dans un pays de l'Union européenne dans la foulée du Brexit. Rien n'est pour autant gagné d'avance puisque Lille devra désormais affronter d'autres villes européennes comme Milan, Barcelone ou Stockholm. Elle garde quand même toute ses chances puisqu'en 1993, l'ex-Région Nord-Pas-de-Calais n'était pas passée loin de remporter le siège de l'Agence européenne du médicament : Lille était arrivée en deuxième position, juste après Londres.

 

« Le calendrier de la décision définitive reste incertain puisque tout est lié à la procédure du Brexit », a commenté Michel Vayssie, le directeur général des services de la Vvlle de Lille.

 

Un impact fort sur l'activité local

Qu'est-ce que cette implantation pourrait changer ? « L'arrivée de l'Agence européenne du médicament représenterait l'arrivée de près de 1.000 agents à Lille ce qui représente avec un impact non négligeable sur l'activité locale, que ce soit le commerce, l'immobilier ou l'activité hôtelière, la ville de Lille comptant à titre de comparaison 3.500 agents », a poursuivi Michel Vayssie.

Pour Etienne Vervaecke, à la tête de l'agence de développement économique Eurasanté, l'arrivée de ces salariés (pour la plupart médecins, pharmacologues et scientifiques possédant de hautes compétences en toxicologie et en essais cliniques) entraînerait un effet levier sur l'attractivité du territoire concernant « les fonctions du market access puisque l'agence régule l'entrée des médicaments sur le marché européen, les activités de lobbying pour le compte d'entreprises de biotechnologies (beaucoup de cabinets travaillant pour le compte de la biotechnologie sont basés à Londres, NDLR) ainsi que la formation, notamment concernant le parcours d'homologation des produits ». Selon lui, l'arrivée de l'Agence européenne du médicament à Lille devrait « rejaillir sur l'ensemble de l'éco-système français en permettant aux entreprises de pharmaceutiques et de biotechnologies d'accéder plus facilement à certains talents et expertises provenant de toute l'Europe ».

Avec près de 3.700 experts issus de toute l'Europe intervenant ponctuellement au sein de l'agence, l'exceptionnelle connectivité de Lille vers les capitales européennes n'en serait que renforcée. L'aéroport Charles-de-Gaulle est distant de 50 minutes en TGV, l'aéroport de Lille-Lesquin est connecté à près de 30 destinations européennes et l'aéroport de Bruxelles est accessible en environ une heure de train. Surtout, la connexion directe de Lille à Londres en 1h20 d'Eurostar à raison de dix aller-retour par jour, permettrait de fidéliser les 885 salariés de l'agence aux compétences majoritairement pointues en leur permettant de continuer à vivre dans la capitale britannique ou en tout cas d'assurer une transition en douceur.

Les promoteurs immobiliers ne seraient pas en reste. Une des autres forces qu'a présentée la candidature de Lille, c'est justement son engagement ferme sur l'offre immobilière, la Ville ayant déroulé le tapis rouge en proposant plusieurs terrains disponibles pour la livraison d'un bâtiment à 18 mois ou des locaux situés à moins de dix minutes des gares lilloises. Exercice imposé par les critères d'appréciation européens, la Ville avait particulièrement travaillé son discours sur l'accueil des agents expatriés et de leurs familles, en insistant sur l'offre croissante de sections internationales d'enseignement, allant de la crèche jusqu'à l'enseignement supérieur : ces dernières pourraient être amenées à évoluer encore plus.

 

Booster la filière santé régionale

L'arrivée de l'Agence européenne du médicament pourrait surtout donner un coup de fouet à la filière santé des Hauts-de-France, qui compte aujourd'hui plus d'un millier d'entreprises au chiffre d'affaires global de 11,5 milliards d'euros (dont 3,5 milliards d'euros provenant du secteur pharmaceutique et biotechnologies), selon l'agence de développement économique Eurasanté. Lille, c'est aussi le prometteur pôle de compétitivité national Nutrition Santé Longévité (NSL), le prestigieux Institut Pasteur de Lille, le jalousé bio-incubateur Allègre du ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche qui font de la santé un secteur performant dans les Hauts-de-France. La région est aujourd'hui très en pointe concernant la recherche contre le cancer, le diabète ou la maladie d'Alzheimer.

Les derniers groupes internationaux arrivés sur le territoire pourraient tirer leur épingle du jeu puisqu'on trouve notamment de grands noms comme Bayer HealthCare (siège social), GSK Vaccines (plate-forme européenne de fabrication de vaccins), LFB (Laboratoire français du Fractionnement et des Biotechnologies) ou encore GENFIT (société biopharmaceutique en hépato-gastro-entérologie). Et d'autres pourraient suivre.

 

Gaëtane Deljurie
Article paru dans La Tribune le 21/04/2017 

 

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