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Le Nord-Est parisien, nouveau centre de rayonnement du luxe français

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ModeLe Nord-Est parisien, nouveau centre de rayonnement du luxe français

En établissant ses "petites mains" à Aubervilliers, en prolongement de ses installations à Pantin aux côtés d'Hermès et désormais d'Esmod, Chanel confirme le Nord-Est parisien comme la place forte de la mode du 21e siècle. Retour sur une vague d'implantations prestigieuses au service du renouveau d'un territoire.

Le plisseur Lognon, le bottier Massaro, le gantier Causse, le chapelier Michel, le brodeur Lesage, l’orfèvre joaillier Goossens, le plumassier Lemarié, le façonnier Paloma, le parurier floral Guillet, le bijoutier Desrues…

Le point commun entre ces noms qui semblent échappés d’un temps proustien ? Tous sont le témoignage vivant du raffinement à la française, de savoir-faire uniques transmis de génération en génération qui font le prestige de la haute-couture « made in France » à travers le monde.

Ces divers métiers d’art, rachetés de fil en aiguille par Chanel et réunis dans sa filiale Paraffection afin d’assurer leur pérennité, auront en 2020 un écrin futuriste signé par un autre orfèvre – du béton cette fois –, Rudy Riciotti, sur une ancienne friche industrielle d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

 

Métamorphose d’un territoire

Ce mariage de l’innovation architecturale et du patrimoine vivant français est emblématique à plus d’un titre. Dans des quartiers plutôt dévolus jadis aux chiffonniers de Paris, glaneurs de vieux linge qui servait à fabriquer du papier, se tisse depuis quelques années un large écosystème de la mode qui vient accélérer la transformation du Nord-Est de la capitale.

Après l’installation des ateliers Hermès en 1992 à Pantin aux côtés de la Compagnie française du bouton et du logisticien Veolog Fashion, Chanel a réinvesti en 2012 l’ancienne cité ouvrière où sa filiale Bourjois fabriquait autrefois des rouges à lèvres, en y implantant son pôle de recherche et développement parfum et beauté ainsi que certaines de ses « petites mains ».

Dans leur sillage, se sont ouverts en 2015 une maison des Compagnons du devoir pour former des selliers, cordonniers et autres maroquiniers ainsi qu’un incubateur de l’association Jean-Luc François. Dernière arrivée en date au cœur de ce nouveau pôle d’apprentissage pour les futurs artisans et créateurs de la mode internationale : celle d’Esmod, une des premières écoles de stylisme françaises.

« La Fabrique » – école des métiers de la mode et de la décoration – pourrait bientôt les rejoindre, de même que l’entreprise Majestic Filature, spécialisée dans les tee-shirts de luxe.

Autant d’opportunités de créer de nouvelles synergies pour une filière d’excellence française qui n’a pas fini de rayonner à travers le monde, et de booster encore un peu plus l’effervescence qui s’est emparée, d’Aubervilliers à Pantin, d’un quartier du Grand Paris en pleine mutation économique et urbaine.

 

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