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Mont Ventoux, le 14 juillet 2016 - Le peloton en route vers Mont Ventoux, 12ème étape du Tour de France 2016 - Crédit photo Radu Razvan / Shutterstock.com
Cyclisme

Le Tour de France, notre plus belle ambassade

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CyclismeLe Tour de France, notre plus belle ambassade

Merci à Xavier Louy, directeur du Tour de France de 1987-1989, d’avoir partagé avec les lecteurs de #LetsgoFrance ses précieux souvenirs. Bonne lecture !

En cet été 2017, le Tour de France s'élance une nouvelle fois d'Allemagne, exactement 30 ans après un mémorable départ depuis Berlin. C'était en juillet 1987 et c'était aussi mon premier Tour en qualité de directeur de l'épreuve.

Partir de Berlin à cette époque n'était pas banal et non sans portée symbolique, d'autant que le départ de la première étape était donné devant le Reichstag et le célèbre Mur. En présence notamment du Premier ministre Jacques Chirac et du ministre allemand des Affaires étrangères Genscher, les télévisions du monde entier étaient là pour immortaliser l'événement. Mais les journalistes qui couvraient alors l'épreuve ignoraient que nous avions failli obtenir le passage du Mur, soit pour le prologue, soit pour la deuxième étape qui nous aurait amenés par la route et non par les airs à Stuttgart, comme je le révèle

dans un ouvrage tout récent (1).

 

Une aura internationale

En réponse à la question d'un journaliste de France 2, j'avais d'ailleurs eu l'occasion de déclarer que je considérais ma fonction de directeur du Tour comme celle d'un ambassadeur  de France. Il est vrai qu'avec Jacques Goddet et Félix Lévitan, je m'étais beaucoup impliqué dans la mondialisation du Tour, conscient que c'était la garantie de sa pérennité et de sa rentabilité. C'est ainsi qu'en seulement dix ans nous avions réussi à élargir la participation de l'épreuve aux Américains, aux Colombiens, aux Australiens et à nombre de coureurs de pays du continent européen non représentés jusque-là.

A la fin des années 80, le Tour de France a donc acquis une dimension planétaire et aujourd'hui plus de 190 pays retransmettent l'événement tandis qu'une quarantaine de nationalités sont représentées au sein du peloton. Si l'on considère la périodicité annuelle du Tour et son audience, cela le situe parmi les 3 plus grands événements sportifs avec les Jeux olympiques et le Mondial de football.

Cela n'avait évidemment pas été imaginé, ni même rêvé, par ses créateurs qui en 1903 l'avaient conçu pour augmenter les ventes de leur journal sportif L'Auto. Mais avec le développement de la radio puis, plus tard, celui de la télévision, le Tour a occupé une place singulière et incontournable dans le paysage français et mondial. A ce titre, on peut dire qu'il appartient désormais au patrimoine immatériel de l'humanité, en même temps qu'il demeure une vitrine exceptionnelle et particulièrement efficace pour faire découvrir au monde entier la beauté et la diversité de nos villes et de nos paysages. C'est aussi la raison pour laquelle les pays étrangers cherchent à l'accueillir pour bénéficier à leur tour de cette formidable promotion.

 

Détours de France

Au moment où trop de disciplines sportives ont tendance à mélanger sport et spectacle, le Tour de France n'est pas un « sport-spectacle » mais il est un sport spectaculaire qui s'efforce de préserver la primauté et la vérité de l'exploit sportif, magnifiquement valorisé par l'environnement dans lequel il se déroule. Dans cet esprit, le choix de fixer une arrivée d'étape au sommet du col de l'Izoard est judicieux car il optimise ce lien magique entre l'épreuve et son décor.

Ainsi donc, pour sa 104e édition, le Tour de France demeure cette formidable fête itinérante et gratuite qui va à la rencontre de nos villages les plus enclavés, qui provoque des rassemblements populaires inégalés mais qui est devenu au fil des années, par la magie de la mondovision, notre plus belle ambassade de France.

 

Xavier Louy, ancien directeur du Tour de France

 

(1) « L'Empire des anneaux » (Les Editions du Net) : www.lempiredesanneaux.com

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