Les Chorégies d’Orange
Les Chorégies d'Orange est le plus ancien festival d'art lyrique de France
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Les Chorégies d’Orange, une histoire d’avenir si française

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4 min

Plus ancien festival français et festival de musique lyrique au monde, les Chorégies d’Orange fêtent cette année leur 150e anniversaire. Du 19 juin au 6 août, les plus prestigieuses voix internationales y côtoient des centaines d’élèves de la région, pour une formule tournée vers l’avenir qui entend pérenniser, en l’habillant de nouveaux sons et lumières, un des monuments mythiques de la culture française.

Assister à une représentation des Chorégies d’Orange fait partie de ces expériences rares dont on sort envoûté. Quand, à la tombée de la nuit, s’illumine l’un des plus beaux amphithéâtre de l’époque gréco-romaine, et que résonnent les premières notes de musique, renvoyées par son mur de scène haut de 37 mètres – « la plus belle muraille de mon royaume », se félicitait Louis XIV – qui nous enveloppe d’une acoustique exceptionnelle, on est saisi de frissons.

Maria Callas, Monserrat Caballé, Roberto Alagna, Plácido Domingo : sur cette scène antique de la « Cité des princes », inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, les plus grands noms de l’art lyrique et musical se sont produits, sublimant les plus grands classiques du répertoire, de Mozart à Verdi en passant par Bizet et Bellini.

 

Un trésor culturel en danger

Mais voilà, à force de tourner « de manière un peu paresseuse » autour des mêmes opéras « stars », selon Jean-Louis Grinda qui a repris la direction du festival en 2017, la programmation des Chorégies a fini par lasser son public de mélomanes, et par voir sa fréquentation diminuer.

Un problème de taille pour cette manifestation autofinancée à 85 % par sa billetterie – une proportion inhabituelle pour un festival français, dont le budget est généralement équilibré par les subventions et le mécénat –, creusant progressivement un lourd déficit.

Ces difficultés financières sont allées jusqu’à menacer la tenue de l’édition 2018, sauvée in extremis par les pouvoirs publics qui ne pouvaient imaginer voir disparaître cet événement culturel structurant pour le territoire et ont modifié sa structure associative en une Société publique locale (SPL) dont la ville d’Orange, le département du Vaucluse et la région Paca sont parties prenantes.

 

Un souffle de renouveau

Désormais assurées d’une stabilité financière pérenne, les Chorégies, sous la houlette enthousiaste de leur nouveau directeur, ont entrepris depuis un an de se réinventer.

Ouverture de la manifestation à de plus larges publics, en lien avec l’action pédagogique et sociale du festival menée depuis plus de dix ans ; diversification de la programmation au profit des découvertes, des nouveaux talents et du mélange des genres : ciné-concerts, ballets, rencontre de l’opéra et de la musique populaire… L’heure est à l’audace, sans sacrifier pour autant la qualité des « fêtes de l’esprit » qui font revivre, depuis 150 ans, un des héritages culturels de l’Antiquité les mieux préservés d’Europe.

« Notre Art doit aller de l’avant avec confiance et persévérance. Il doit toujours chercher à surprendre, créant ainsi les conditions de sa pérennité. La voilà, la liberté de l’Artiste ! La voilà aussi, la liberté du spectateur : celle de ne pas suivre les modes mais de chercher le frisson de l’aventure dans un lieu où le seul risque est le Mistral ! », s’amuse Jean-Louis Grinda, qui pour cette édition anniversaire met en scène un Guillaume Tell (Rossini) joué pour la toute première fois dans le cadre du festival.

Autres curiosités du programme : la réunion inédite de l’Orchestre philharmonique de Radio France et de l’Orchestre national de France pour interpréter la 8e Symphonie de Mahler ; une soirée techno en présence de Jeff Mills, accompagné par l’Orchestre Régional Avignon Provence ; ou encore la présence sur scène de plus de 600 collégiens et lycéens de la région pour donner un spectacle « Pop the Opera » détonnant, réinterprétation créative où grands chœurs d’opéras se marient avec les tubes de la musique pop et de la musique cinématographique.

Face à ce « grand souffle de liberté », le mistral n’a qu’à bien se tenir !


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