Open government, l’avant-garde armoricaine
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Open government, l’avant-garde armoricaine

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TransparenceOpen government, l’avant-garde armoricaine

C’est l’histoire d’un pays de marins et d’explorateurs qui s’est imposé en quelques années comme LA région en pointe sur l’ouverture et l’harmonisation des données de marché public en France. D’initiatives en pilotes, la Bretagne fait le BZH !

Le décret est tombé le 27 mars 2016 : les collectivités françaises ont jusqu’au 1er octobre 2018 pour ouvrir l’accès aux « données essentielles » de leurs marchés publics. Dans le cadre international de son adhésion au Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO, en anglais Open Government Partnership ou OGP), qu’elle présidera pendant un an à partir de septembre 2016, la France s’est en outre engagée à promouvoir et accroître la transparence de la commande publique, en proposant notamment un référentiel national sur sa plateforme data.gouv.

Une vraie dynamique nationale est lancée pour rendre les achats publics visibles et lisibles aux Français, qu’ils soient citoyens, usagers, consommateurs, développeurs ou entrepreneurs. Et la région Bretagne n’est pas tout à fait étrangère à cette « révolution » démocratique…

 

La Bretagne, pionnière de l’open data en France

Telle une figure de proue, c’est la ville bretonne la plus à l’ouest – est-ce un hasard ? – qui a ouvert la voie dès 2010 : à l’unanimité, et pour la première fois en France, Brest Métropole Océane décide de libérer ses données géographiques pour que la population s’en empare et invente des solutions qui répondent à ses besoins. Des « forums des usages coopératifs » sont organisés, rassemblant tous les acteurs du mouvement.

Si Brest est donc en première ligne dans l’avant-garde bretonne, Rennes Métropole y porte le flambeau de l’innovation. Déjà très engagée dans la libération des données au profit du développement des usages urbains, la collectivité autorise en 2012 Keolis, la société qui gère ses transports, à rendre accessibles les horaires des bus de l’agglomération rennaise et met à disposition des développeurs et ré-utilisateurs divers outils pour exploiter ces data en temps réel.

Bretonne d’histoire et de cœur, Nantes n’est pas en reste, avec l’ouverture dès 2011 de ses données relatives aux transports et à l’environnement. Nombreuses sont les applications qui voient ainsi le jour, facilitant le quotidien des habitants, telle la mise en ligne des registres des tombes dans les cimetières.

Les quatre comités départementaux du tourisme breton sont également moteurs, à travers leur portail commun Open Data tourisme – Bretagne.

 

Marchés publics : Breizh au banc d’essai

Rien d’étonnant à ce que la Bretagne s’affirme une fois encore en pointe sur l’ouverture des données de marchés publics. Tout commence avec la création de l’association Breizh Small Business Act, qui réunit des professionnels publics et privés autour des enjeux de l’achat public. Sous son impulsion, un portail expérimental est mis en ligne en mars 2015 : My Breizh Open Data. Cet observatoire régional donne accès, en toute transparence, aux données relatives aux marchés publics attribués sur trois ans, dans une douzaine de collectivités.

L’objectif est triple : moderniser les politiques d’achat, dans une approche plus territoriale ; fournir aux donneurs d’ordre un outil d’aide à la décision ; faciliter l’accès des PME bretonnes à la commande publique, qui représente pour elles un levier de croissance puissant. « En quelques clics, une entreprise peut connaître le montant des marchés publics récemment attribués dans son secteur d’activité, et évaluer les projets et le volume d’affaires sur lesquels elle peut se positionner », fait valoir Céline Faivre, présidente de Breizh Small Business Act et en charge de la relation avec les collectivités territoriales au Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP).

 

Vers la constitution d’un référentiel national

Rennes s’est fait à nouveau remarquer en mai 2016, avec la tenue du tout premier BarCamp, un atelier-événement participatif consacré à « la commande publique augmentée par la donnée ». L’objectif : concevoir, prototyper et tester des services digitalisés en s’appuyant sur les données récoltées via My Breizh Open Data.

S’inspirant de l’exemple breton, les participants – représentants de collectivités, éditeurs de logiciels et startupers – ont ainsi produit une nouvelle version du référentiel national de données essentielles de la commande publique proposé sur data.gouv.fr. Ils ont réfléchi également à l’élaboration d’une solution de fédération des données disponibles sur ce site, planifié le déploiement de la démarche à l’échelle nationale, enfin établi une cartographie des nouveaux services à offrir grâce à l’utilisation de cette riche matière première.

Pas de doute : l’action publique est bien en train de se réinventer sur les territoires français !

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