radis_monnaies_locales.jpg
©Maxppp
Économie
par

Quand les monnaies locales défient l'euro

Les monnaies locales - dites aussi « complémentaires » ou « alternatives » - se multiplient en France, portées par l’engagement associatif en faveur des circuits courts et d’une consommation plus éthique. Passage en revue d’un phénomène aussi populaire que solidaire même si d’usage encore confidentiel.

La plupart d’entre nous ont déjà entendu parler, et peut-être déjà eu en poche !  Ces petites monnaies qui essaiment de par la France, avec de drôles de noms qui nous rappellent les lieudits d’antan : La Gonette de Lyon, La Roue dans le Vaucluse, Le Lien à Saint-Etienne mais aussi La Chouette à Dijon, La Pêche à Montreuil et Paris, ou encore l’Eusko à Bayonne. Depuis leur reconnaissance légale en France, par la loi Hamon de juillet 2014 relative à l'économie sociale et solidaire, on recense près d’une quarantaine de monnaies locales complémentaires mises en place par autant d’associations qui organisent leur émission et leur circulation. Une trentaine de projets seraient en préparation ici et là, quand des milliers circulent déjà à travers le monde.

 

En France, le principe de fonctionnement commun à toutes ces monnaies tient à leur conversion encadrée en euros à un taux de 1 pour 1, sans frais. Quand on paye en monnaie locale, on ne peut vous rendre des euros. Comme le précise Sarah Tartarin, co-présidente de l’association Une Monnaie Pour Paris (MoPPa), « concrètement, il ne s’agit pas d’une nouvelle devise, mais d’un mode de paiement complémentaire ». Elle poursuit : « [à la manière des tickets restaurants] qui reposent sur l’idée de faire circuler une monnaie spécifique sur un territoire donné et auprès de professionnels sélectionnés, de manière à soutenir un modèle alternatif de commerce et d’échanges, tourné vers le lien social et le développement durable ».

 

Commerces de proximité, entreprises, artisans et professions libérales, producteurs, associations, et collectivités territoriales sont a priori éligibles même si les critères de sélection sont propres à chaque association et que les collectivités en question ne sont pas toujours ouvertes à leur usage. Par exemple, la MoPPa, qui pilote l’introduction de La Pêche depuis mai 2018 à Paris, indique ainsi cibler les commerces bio et équitables, promoteurs des circuits courts mais également de la réduction de l’agriculture intensive, de la démocratie et du lien social. Elle exclut d’office les multinationales, les entreprises dont le siège social est situé hors de France, et… les boucheries, voire les fromageries, en vertu de la défense du bien-être animal. A contrario, l’Eusko, lancé en 2013 au Pays basque, n’exclut pas la viande mais favorise tout autant l’emploi local que la solidarité entre entreprises.

 

Au-delà de ces différences, les monnaies complémentaires se veulent le reflet d’un changement de notre rapport à la consommation avec un impact en volumes variables. En tête de peloton, l’Eusko compte par exemple 750 000 unités en circulation, 3 000 adhérents particuliers pour un réseau de 700 professionnels ou associations, dont un tiers a ouvert des comptes numériques alimentés en euskos. Il court loin devant ses congénères, encore sous la barre des 100 000 unités en circulation. Mais comme l’indique Sarah Tartarin, qui compte 30 000 euros-pêches en activité : « L’Eusko a montré qu’on pouvait agir pour valoriser les bonnes pratiques économiques, relocaliser l’emploi, et favoriser le lien social. Les monnaies locales ne peuvent pas grandir plus vite que les consciences, mais elles sont là pour les accompagner. »


Pour recevoir toutes nos publications, abonnez-vous à notre newsletter.

Intéressé ? Laissez-nous votre email.Nous vous préviendrons dès l’ouverture des candidatures.

Chargement …

Le respect de votre vie privée est notre priorité.

Nos partenaires et nous-mêmes utilisons différentes technologies, telles que les cookies, pour personnaliser les contenus et les publicités, proposer des fonctionnalités sur les réseaux sociaux et analyser le trafic.
Merci de cliquer sur le bouton ci-dessous pour donner votre accord.