Valence, Vendôme, Vitré jouent l'union
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Valence, Vendôme, Vitré jouent l'union

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DéveloppementValence, Vendôme, Vitré jouent l'union

Alors que le Salon des Maires et des Collectivités Locales vient de fermer ses portes à Paris, la question est au cœur des réflexions des villes moyennes de France, vulnérables dans le contexte économique actuel. Certains parient sur une approche multiforme et solidaire. Exemple avec Vitré, Vendôme et Valence.

VVV : depuis 2015, l’acronyme vaut marque. Derrière cette signature, trois villes françaises que rien ne rassemble a priori – pas la proximité géographique en tout cas – ont décidé d’allier leurs forces pour séduire les décideurs économiques : Vitré (Bretagne), Vendôme (Centre-Val de Loire) et Valence (Auvergne-Rhône-Alpes). « Une telle démarche est inédite, analyse Étienne Vicard, directeur de l’agence Souple, spécialiste de la communication d’attractivité des territoires. Hormis le précédent Cannes-Deauville pour la promotion touristique, c’est la première fois que des communes aux budgets moins importants mutualisent leurs moyens de communication pour valoriser leurs territoires. En temps de crise, cela compte. »

 

Des territoires champions de la lutte contre les délocalisations

L’alliance entre les VVV ne doit rien au hasard. « Contre la représentation dominante selon laquelle tout se passe, en France, dans les métropoles, il s’agit de montrer comment certains territoires ont su générer un dynamisme économique presque identique aux grandes agglomérations – grâce à un accompagnement proactif des entreprises, associé à une connexion privilégiée aux réseaux ferroviaires et technologiques – pour un cadre de vie autrement plus agréable. »

« Si les VVV sont aujourd’hui des villes vivantes, c’est parce qu’elles sont des microcosmes complets. » Etienne Vicard, directeur de l’agence Souple.

Les chiffres sont là pour attester de la réussite de ces territoires qui font mentir la crise, à travers une approche partenariale poussée entre public et privé. Forte d’une vaste stratégie de conquête industrielle lancée il y a trente ans, et basée notamment sur la prise en charge des investissements immobiliers des entreprises, Vitré présente un taux de chômage (5,5 %) parmi les moins élevés de France ; en focalisant ses aides économiques sur l’innovation, Vendôme a attiré des leaders mondiaux comme l’équipementier automobile Bosch, qui a investi dans la région 23 millions d’euros en 2015 ; quant à Valence, c’est le premier pôle universitaire décentralisé de France et le cœur d’une économie plurielle, portée par des secteurs de pointe telle la mécanique de précision.

 

 VVV comme les pionniers d’un nouveau modèle économique français

Privilégier l’équilibre du territoire, à travers une économie locale diversifiée : c’est la priorité des trois villes du collectif, unies autour de la conviction qu’une société meilleure se construit d’abord localement. « Cette idée forte qui anime de longue date Pierre Méhaignerie, ancien Ministre, Maire de Vitré et Président de Vitré Communauté, sous-tend aussi les politiques  de Vendôme et de Valence. A contrario, certains territoires français ont basé leur développement sur une activité historique ou un employeur exclusif,  concentrant tout l’emploi de la région, au risque d’être dans une situation de dépendance économique. Si les VVV sont aujourd’hui des villes vivantes, c’est parce qu’elles sont des microcosmes complets. Selon nous, c’est vers ce modèle que doivent tendre les villes moyennes en France. »

 

Une vitrine efficace des énergies locales

Au-delà de la notoriété acquise par les VVV auprès des médias, des décideurs et d’autres territoires, très intéressés par la méthode, le regroupement des communes pourrait avoir une valeur ajoutée bien supérieure à une simple mutualisation de la communication.

Échanges d’informations, de bonnes pratiques et d’opportunités, mise en relation des réseaux locaux respectifs (élus, institutions, entrepreneurs, investisseurs, sous-traitants…) : les perspectives de collaboration sont multiples entre les partenaires territoriaux. « Nous travaillons actuellement à définir une offre commune à destination des entreprises, en capitalisant sur les acteurs et filières déjà présents sur plusieurs des VVV : accueil, démarchage, accès à de nouveaux marchés… Le potentiel est là. »

En attendant le lancement du nouveau dispositif, prévu pour l’automne 2016, l’initiative des VVV a d’ores et déjà galvanisé les énergies locales : « Sur le terrain, on sent la fierté et l’optimisme. Les acteurs locaux se rencontrent, ont envie de travailler ensemble. C’est extrêmement stimulant. » Rendez-vous dans quelques mois pour voir se concrétiser davantage cet élan de réinvention.

 

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