fleur d'oranger
Fleur d'oranger
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Vallauris : la « vallée dorée » à fleur de renouveau

Depuis 1895, les habitants de Vallauris, dans les Alpes-Maritimes, cultivent un oranger d’exception, dont la fleur distille une huile essentielle prisée par les parfumeurs. Face à la baisse de cette production historique qui hypothèque l’avenir du plus mythique des flacons, la coopérative agricole locale s’est assuré le soutien de Chanel pour pérenniser la filière.

La fleur d’oranger : on connaît son eau précieuse dont l’inimitable arôme rehausse les pâtisseries méditerranéennes, mais on sait moins que cette délicate fleur, offerte par le bigaradier, entre dans la composition du plus fameux des parfums : le numéro 5 de Chanel, créé en 1921 en pays grassois.

 

L’eldorado des parfumeurs

Planté à Vallauris-Golfe-Juan à la toute fin du XIXe siècle pour fournir sa voisine Grasse en matière première, cet arbre aux fruits amers, originaire des Indes et importé en Andalousie au Xe siècle par les Maures, a trouvé dans la petite vallée de la Côte d’Azur, ensoleillée et gorgée d’eau tout à la fois, un terroir de prédilection.

Aujourd’hui, c’est le seul endroit où le bigaradier est encore cultivé en France, et sa fleur récoltée à la main à la faveur d’un rituel ancestral, transmis de génération en génération par les habitants réunis en coopérative pour en extraire le néroli, cette huile essentielle d’exception qui sert de fixateur naturel pour les parfums.

On est loin toutefois de la production qui faisait il y a cent ans la prospérité de la commune. Tourisme, transformation de la Côte d’Azur en un lieu prisé de villégiature ont grignoté peu à peu l’eldorado floral. « Il reste une cinquantaine de familles qui ”font la fleur”, comme on dit ici », témoigne Camille Oger, dont la famille est sociétaire du Nérolium – la coopérative agricole locale créée en 1905 par les Vallauriens. « Il y a 50 ans, on cueillait des centaines de kilos de fleurs par jour sur chaque propriété. En 1920, on totalisait à 2 000 tonnes en un printemps. »

Aujourd’hui, Vallauris ne produit plus que 4 à 5 tonnes de fleur d’oranger par an, distillées dans l’alambic de l’usine Sotraflor que la famille Mul possède à 50-50 avec Chanel, son partenaire exclusif depuis 1987. Une mince partie des 5 à 6 litres de néroli qui en sortent est conservée pour aromatiser les eaux de Cologne créées sur place et tout le reste est cédé à la maison de luxe française.

 

Un parfum de renouveau

Désireux de sécuriser cette filière d’approvisionnement stratégique, les partenaires projettent de planter 600 bigaradiers sur des terrains communaux de Bar-sur-Loup et Vallauris d’ici 2020.

« Ce programme de développement va permettre de passer de 5  à 50 tonnes à l’horizon de 10 ans, et envisager d’autres créations qui mettent à l’honneur les Alpes-Maritimes », détaille Sophie Vergès, responsable communication de Chanel qui s’engage un peu partout en France pour défendre les savoir-faire et matières premières d’exception sur lesquels la maison s’appuie historiquement.

De son côté, la coopérative Nérolium a demandé l’inscription de sa fleur d’oranger au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Pour la famille Mul, qui cultive et transforme des plantes et végétaux pour l’industrie des arômes, des cosmétiques et des parfums, ce travail de concert entre producteurs, fournisseurs et collectivités locales est essentiel pour réhabiliter les cultures florales traditionnelles du pays. À côté du bigaradier, elle œuvre également à développer une filière en propre pour la lavande sauvage.

Cécile Mul, la pdg du groupe familial, voit dans cette démarche de coopération « un juste retour des choses » mais aussi « une façon de tester des schémas de filière responsable et durable qu’on peut développer à l'étranger ».


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