Vers une Silicon Valley française ?
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Vers une "Silicon Valley" française ?

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Silicon ValleyVers une "Silicon Valley" française ?

« J’ai l’impression de voir la Silicon Valley en France. » John Chambers, le PDG de Cisco se plait à le répéter à chaque apparition dans les médias français. Simple opération de séduction ? Si la France et la Californie ne jouent pas dans la même catégorie, le patron de Cisco ose la comparaison car la dynamique, elle, est bien là.  

Une génération de start-up s’est développée en France. En 2015, elles ont levé plus d'un milliard d'euros. Pour accompagner cette dynamique, les initiatives se multiplient autour d’un rêve : créer la Silicon Valley française.

Paris, nouveau paradis des start-up 

L’ambition est aujourd’hui clairement affichée : la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse souhaite voir naître les « Google et Apple de demain ». Pour cela, les pouvoirs publics se donnent les moyens de leurs ambitions avec des investissements spectaculaires.

« Nous voulons voir naître le Google et Apple de demain » Valérie Pécresse

Les projets se multiplient pour la réussite de jeunes entreprises : location de locaux, parrainages, réseau de professionnels… Dernier exemple en date, Le Cargo, un espace de 15.000 m2 spécialement dédié au numérique et aux jeunes entreprises innovantes, vient d’ouvrir ses portes dans le XIXe arrondissement de Paris. Il deviendra ainsi le plus grand incubateur d’Europe, en attendant d’être battu dès 2017 par la Halle Freyssinet (dans le XIIIe arrondissement) qui rassemblera plus de 1000 start-up sur plus de 34.000 m2 pour devenir « le plus gros incubateur du monde ».

Comment expliquer un tel engouement pour les start-up ? Portée par un système éducatif français performant, la capitale occupe la première place de la catégorie « capital intellectuel et innovation » devant Londres et San Francisco, d’après l’étude Cities of Opportunities de PwC. Une première place qui « réfute clairement l'idée que les non-anglophones ne peuvent pas prendre part à la compétition, intellectuellement ou techniquement, dans le contexte de la mondialisation actuelle de l'anglais », explique Bernard Gainnier, président de PwC France & Afrique francophone.

 

De l’optimisme en France pour aller plus loin

Pourtant, Paris, onzième ville la plus attractive pour les start-up dans le monde d'après la société américaine Compass, a encore un long chemin à parcourir pour ressembler à la Silicon Valley.

« Au-delà des critères classiques d’attractivité -R&D, marché du capital, politique économique -  les Français peuvent surtout faire la différence avec un état d’esprit plus optimiste » explique Hugues Franc, président du réseau d’entrepreneurs Beeleev.

Pour les accompagner, la France entière doit se comporter en « entrepreneur collectif », favorisant la synergie entre l’administration, la finance et les idées des talents.

Parmi les pistes souvent évoquées, la simplification administrative avec la création d’un guichet unique pour les entrepreneurs. L'objectif ? Informer, accompagner et fournir les ressources aux entrepreneurs, à chaque étape, pour leur faire gagner un temps précieux.

 

La France ne veut pas une mais des « Silicon Valley »     

Les métropoles French Tech                                         

La stratégie française n’est toutefois pas de copier-coller le modèle californien en Ile-de-France. Paris ne fait plus face à un désert. En 2016, sur les 190 start-up de la délégation française au CES de Las Vegas, seuls 38 % sont originaires d'Ile-de-France.

Pour faire rayonner les régions françaises à l’international, la French Tech a ainsi lancé en 2014 le label « Métropole French Tech ». La mobilisation collective des acteurs, privés et publics, permet aujourd’hui de créer une dynamique de confiance aux entrepreneurs régionaux.

L’enjeu est donc de développer des écosystèmes régionaux dynamiques pour les entrepreneurs. L’ex-région Auvergne a ainsi mis à disposition des résidences d'entrepreneurs pour toute personne souhaitant créer ou reprendre une entreprise. A la pointe dans les filières matériaux, les biotechnologies, les TIC et l'économie verte, la région tente de casser les stéréotypes en lançant une pétition pour faire venir la mer à Clermont-Ferrand, la seule chose ou presque qui manque, selon eux, à la région pour être une véritable "Californie française".

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