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À Plaisance-du-Gers, le bonheur est dans l’orgue

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MusiqueÀ Plaisance-du-Gers, le bonheur est dans l’orgue

C’est un pari fou lancé par quelques passionnés il y a trois décennies : créer un orgue de référence (et à la décoration… renversante) dans un village dépourvu de tout patrimoine musical. Retour sur une aventure harmonieuse avec Daniel Birouste et Bertrand Lazerme, le facteur d’orgue et l’organiste, à l’origine de ce projet plein de bons tuyaux…

Comment vous est venue l’idée de construire un orgue magistral dans une église banale d’un village reculé du Gers ?

Nous avions vingt-deux ans, nous ne savions pas que c'était impossible... alors nous l'avons fait ! Nous venions de terminer nos études d'organiste et facteur d'orgues et nous rêvions de construire notre chef-d’œuvre, à l'image des compagnons du Moyen-âge. Le curé de Plaisance-du-Gers nous avait contactés pour construire un petit orgue, mais il n'avait pas d'argent, même pour un petit instrument. Puisque nous devions partir de rien, nous nous sommes dit qu'il valait mieux construire une cathédrale sonore, qui mobiliserait les énergies, plutôt qu'un petit orgue banal qui était dans l'ordre des choses. Et tout le village s'y est mis avec nous pendant presque dix ans !

 

Plaisance-du-Gers abrite également depuis quelques années un instrument unique au monde : un orgue sensoriel. De quoi s’agit-il ?

Dès son inauguration, nous avons souhaité que notre orgue soit accessible à tous ceux qui veulent le jouer, librement. La clé est déposée à l'épicerie et au café qui sont situés sur la place de l'église. Dans cet esprit de liberté d'accès, l'un de nos collaborateurs, Mickaël Fourcade, a inventé un dispositif de captation gestuelle qui permet à des personnes en situation de handicap de jouer, elles aussi, notre orgue, sans l'intermédiaire de claviers. Ce dispositif est accessible en permanence, il est installé en parallèle des claviers et permet à qui le souhaite de jouer l'orgue, y compris à partir d'un fauteuil roulant.

 

Parlez-nous de votre projet de « Cité de l’Orgue ».

Depuis trente ans, le public qui approche notre orgue, comme tout orgue, regrette de ne pas pouvoir pénétrer à l'intérieur du meuble, voir les mécanismes, les soufflets, les différentes formes de tuyaux. Ce spectacle magnifique est réservé au facteur d'orgues qui est le seul à pouvoir naviguer dans l'instrument sur d'étroites coursives. Nous avons donc imaginé d'installer au cœur de la grande minoterie où nous avons nos ateliers, un orgue gigantesque, conçu pour être visité en famille, tel un jardin sonore où tout un chacun pourra découvrir, de l'intérieur, cette machine fascinante.

 

En plus de son intérêt pour les musiciens et mélomanes, que peut apporter un orgue à un territoire?

Pour un territoire comme le nôtre, la présence de l'orgue a permis de drainer vers Plaisance des compositeurs ou des concertistes qui sont venus y travailler longuement. Certains ont fait des séjours réguliers, d'autres ont vécu ici pendant plusieurs années. Pour beaucoup d'habitants, le fait de côtoyer un compositeur ou un organiste, de constater qu'ils sont aussi simples dans leur vie quotidienne que tout un chacun a facilité l'approche de la musique contemporaine dans un milieu rural qui n'y était pas préparé.

 

L'orgue est-il un instrument du passé ?

Tout au contraire ! Tout au long de son histoire, l'orgue n'a cessé de s'adapter à des usages différents, à des styles musicaux différents en intégrant les technologies de son temps. Aujourd'hui, grâce à l'informatique, notre instrument peut continuer d'explorer de nouvelles formes d'usage. Grâce à la diversité des pratiques culturelles, l'orgue peut toucher de nouveaux publics, il est en perpétuelle évolution. L'avenir de l'orgue est devant nous !

 

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