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Boutiques Paysannes : le réseau certifié des produits locaux français

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Face à l’essor du marketing de terroir en France, le réseau de magasins de producteurs Boutiques Paysannes® entend gagner la bataille de la confiance des consommateurs à travers une démarche qualité certifiée. Entretien avec Carine Montet, coordinatrice de l’association Terre d’Envies, l’une des structures fondatrices de la marque qui garantit des « produits de nos fermes et ateliers, vendus par nous-mêmes ».

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portrait_carine_montet_2017-11-27.jpg, par AdminLetsGo

Qu’est-ce qui fait la singularité des Boutiques Paysannes par rapport à d’autres magasins de produits locaux ?

Carine Montet : Ce sont les producteurs qui sont à la vente et à la gouvernance des magasins. Autrement dit, non seulement ils sont en contact direct avec les consommateurs mais ils décident de tout : du prix de vente de leurs produits, du fonctionnement, des investissements et des orientations des boutiques. C’est donc à eux que revient la responsabilité de bien gérer le commerce pour en retirer un maximum de revenus tout en offrant au consommateur le prix le plus juste possible.

 

Comment est né ce réseau ?

C. M. : Historiquement, c’est le fruit du rapprochement de deux réseaux de magasins de producteurs. Celui de l’association Terre d’Envies, qui a vu le jour en 1991 en Rhône-Alpes pour représenter les agriculteurs et les mettre en position, grâce à la définition d’une charte de fonctionnement, de négocier avec les administrations : c’était une démarche d’avant-garde à l’époque. Et celui des Boutiques Paysannes, créé vers 2010 en Occitanie autour d’une marque déposée.

Il y a trois ans, nous avons décidé de nous rapprocher pour associer la méthodologie de contrôle des magasins développée par Terre d’Envies et la marque Boutiques Paysannes. Aujourd’hui, nous voulons aller plus loin encore en créant un réseau national, porté par une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Nous sommes en pleine construction du modèle économique. Si tout va bien, fin 2019, nous serons opérationnels avec une quarantaine de magasins aux couleurs de la marque.

 

Un magasin de producteurs est théoriquement unique, puisqu’il est la vitrine des richesses du territoire dans lequel il s’inscrit. Se fédérer en réseau et créer une marque ne risque-t-il pas de nuire à cette originalité ?

C. M. : C’est justement pour défendre cette originalité que nous cherchons à structurer l’écosystème existant des magasins de producteurs en France. Nous voulons leur permettre de se différencier de toutes les autres formes de commerce qui surfent actuellement sur la mode du circuit court et du manger bon, qu’il s’agisse de chaînes ou de grandes surfaces développant en leur sein des espaces producteurs. La démarche de certification par un organisme extérieur est l’outil qui nous paraît le plus pertinent pour parvenir à cette fin, en garantissant au consommateur que nos producteurs sont bien présents à la vente, qu’il n’y a pas d’achat revente par les magasins, que les produits proposés viennent bien des fermes et non pas du marché gare[1], etc.

Nous constatons, et c’est une grande source de satisfaction, que le modèle économique des magasins de producteurs est viable et offre à des agriculteurs de vivre de façon durable. Nous voulons protéger ce modèle en faisant le pari qu’à jouer collectif, tout le monde sera tiré vers le haut et que c’est la qualité même des produits, l’impact environnemental de leur fabrication, qui y gagnera.

 

Diriez-vous qu’en France l’envie d’embrasser de nouveaux modes de consommation est plus forte qu’ailleurs ?

C. M. : Il y a en tous cas en France une tradition du produit fermier peut-être plus importante que dans les pays voisins, une culture de la vente directe par le petit producteur, surtout en milieu rural.

Après, les magasins de producteurs ne feront pas tout. Ils contribuent à l’évolution de la société mais doivent être accompagnés d’autres démarches comme les plateformes d’approvisionnement local, par exemple, pour la restauration collective. Il n’empêche que notre réseau correspond à un vrai besoin des consommateurs, qui veulent avant tout retrouver confiance dans les produits qu’ils achètent.

 

[1] « Marché de gros de produits frais ou surgelés (denrées alimentaires, fleurs...) auquel les pouvoirs publics ont accordé un statut particulier. » (Source : Wiktionnaire)


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