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©Ilimelgo et Secousses architectes / Poltred perspectiviste
Agriculture urbaine
par

Le 9.3 sème les premières graines d’un Grand Paris vivrier

Après Singapour et New York, Romainville fait entrer l’agriculture française dans une nouvelle ère, avec la construction de la première ferme urbaine verticale de l’Hexagone. Entretien avec Cyril Anthéaume, chef de cabinet de Corinne Valls, Maire de Romainville.

En quoi la construction de la Cité maraîchère, débutée au printemps à Romainville,                marque-t-elle un tournant pour l’agriculture en France ?

Cyril Anthéaume :  C’est un tournant pour l’agriculture urbaine en tout cas, car l’idée n’est pas de concurrencer l’agriculture traditionnelle mais bien de venir en complément, en faisant renouer Romainville avec son passé agricole pour combler le manque de terres maraîchères en France.  
Et c’est également une prouesse technique. Notre exploitation verticale de 1 000m² permettra de cultiver fruits, légumes, champignons, fleurs comestibles, en étant la plus neutre possible en carbone grâce à une ventilation et un chauffage naturels, l’utilisation de compost, la récupération d’eau... La production sera vendue en circuit court aux riverains, restaurateurs et commerces alentour. C’est une première en France.

 

Avez-vous rencontré des obstacles à sa mise en œuvre ?

C. A. : Il n’a pas été facile de convaincre le ministère de l’agriculture : pour l’administration française, qui se base sur des normes, une exploitation agricole n’est viable qu’à partir de tant d’hectares de terres ; il a donc fallu user de beaucoup de pédagogie pour prouver que dans une serre verticale, il y avait certes moins d’espace valorisable mais de nombreuses activités à valeur ajoutée à intégrer.

Tout l’intérêt de la Cité maraîchère, en effet, est qu’au-delà de l’exploitation agricole, naisse un laboratoire pour l’agriculture urbaine et l’alimentation durable : le public y trouvera un centre de ressources avec des actions de sensibilisation, des formations techniques, ainsi qu’un espace plus convivial de vente, de restauration et d’événementiel pour engager des discussions et montrer que de nouvelles pratiques en France sont possibles.

Toute notre ambition est d’entraîner la population dans cette aventure : qu’elle améliore son bol alimentaire en venant acheter des légumes made in Romainville.

 

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cite_maraichere_romainville_2.jpg, par AdminLetsGo

 

Plusieurs tours maraîchères existent déjà à l’étranger, notamment en Asie et en Amérique du Nord. Votre projet a-t-il sa « French Touch » ?

C. A. :  Les exemples qui fleurissent à l’étranger démontrent que ce type de projets fonctionnent, qu’il n’est pas compliqué de ramener l’agriculture en ville, et de le faire de manière écologique, dès lors qu’on en a la volonté. Notre production maraichère se fera en bacs (hors sol) dans

un sol reconstitué (substrat).

Ce qui nous distingue ici est peut-être la priorité donnée à l’économie sociale et solidaire : si nous l’avons baptisée « cité » maraîchère et non pas simplement « tour », c’est parce que ce projet se veut avant tout créateur d’emploi et de lien social, vecteur de développement économique et d’insertion dans les quartiers.

La Seine-Saint-Denis est un territoire très jeune et a toute sa part à apporter dans des projets novateurs comme celui-ci. Cette jeunesse lui permettra sans doute de faire évoluer les mentalités plus vite qu’ailleurs !

 


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