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Régions : l’économie française va-t-elle changer d’échelle ?

Pour faire du commerce avec la Chine, vaut-il mieux être à Paris ou dans la Métropole lyonnaise ? La réponse pourrait surprendre ! Maillons économiques incontournables, les territoires installent l’économie française entre global et local. #Glocal. Pour Antoine Colson, directeur du salon PARCOURS FRANCE – le Davos des régions françaises – l’échelle régionale doit devenir la nouvelle référence.

Quelles sont les grandes tendances de l’économie régionale que fera ressortir la 11e édition de PARCOURS FRANCE ?

antoine colson

antoine colson , par AdminLetsGo

Antoine Colson : L’économie régionale reste une économie de filière. Cette nouvelle édition de Parcours France mettra l’accent sur le rôle structurant des filières dans l’économie locale. L’installation d’une filière dans un territoire s’accompagne de mutations. On n’a jamais vu se développer une entreprise de biotech dans un territoire qui n’est pas pourvu d’un laboratoire, d’un CHU, de grands industriels et de puissants financiers. C’est l’exemple d’Eurobiomed à Marseille qui abrite une filière en immunologie. Cette idée d’écosystème n’est pas nouvelle mais elle devient de plus en plus visible, concrète, une méthode qui fonctionne, une recette à appliquer.

On assiste également à l’émergence d’une économie créative autour des festivals et des rassemblements culturels en régions. De plus en plus de start-up s’agrègent autour d’événements musicaux, théâtraux etc. pour proposer des innovations de service ou technologiques. C’est une tendance que nous avons observée lors de la dernière édition du Printemps de Bourges, avec quelques start-up dans le secteur du son et lumière. Un festival comme celui d’Avignon est un living lab pour elles, idéal pour tester leur solution en condition réelle. Idem pour Angoulême et la BD, ou les conventions de jeux vidéo.
Enfin, l’économie régionale compose de plus en plus avec les groupes internationaux de l’agroalimentaire comme Danone, Andros qui n’ont jamais perdu leur attachement à la France. C’est un mouvement qui s’explique par le retour du lien terrien et la revendication d’une origine géographique. Tous ont, ou se cherchent, des racines régionales. Et c’est également vrai pour les acteurs de moindre taille comme la conserverie La Belle Iloise de Quiberon, les confitures Vallade de Corrèze etc.

 

« En Vendée, il y a quasiment un leader mondial par village. »
Antoine Colson  

 

 

France is back… une réalité pour les 18 régions métropolitaines et ultramarines ?

A.C. : France is back ne signifie pas forcément que Vierzon is back. Malheureusement, ce n’est pas encore le cas à ce jour. Il y a un dynamisme mais il n’irrigue pas équitablement l’Hexagone. On fait partie des pays les plus centralisés économiquement. 38 entreprises du CAC 40 sont installées à Paris ! Les territoires doivent revenir dans l’agenda des pouvoirs publics qui doivent prendre des mesures pour éviter une rupture.

 

 

 

Mais ce n’est pas non plus Paris et le désert français.  C’est une époque qu’a connue Jean-François Gravier et qui est révolue. Il y a un tel engorgement dans la capitale, avec les prix de l’immobilier qui flambent, que la délocalisation devient le seul recours. Des villes comme Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lyon, Marseille ont des taux de croissance deux fois supérieurs à Paris. Et cela s’explique aussi par l’arrivée du TGV, de la fibre et le déploiement du numérique. Pour changer la donne, les régions doivent donner naissance à de nouveaux champions comme l’ont été à l’époque Michelin, Limagrin etc.

 

« Il est nécessaire de développer l’entrepreneuriat local. »
Antoine Colson

 

 

 

Alors que la mondialisation dicte les échanges économiques, on assiste d’une part à la résurgence d’un certain protectionnisme et au regain de visibilité des régions. Comment comprendre ces mouvements ?

A.C. : L’économie est cyclique ; il y a des temps d’accélération, de respiration, d’observation etc. Il est évident que nous cherchons tous un point d’équilibre et le niveau régional pourrait correspondre à cette recherche. Les régions n’ont pas encore pris conscience de leur pouvoir structurant. Et j’y crois beaucoup. Il est nécessaire de développer l’entrepreneuriat local. Je prendrai l’exemple de la Vendée où il y a quasiment un leader mondial par village : Sodebo à St Georges de Montaigu, Bénéteau à Saint Gilles Croix de Vie, Gautier au Boupère, les fenêtres K Line aux Herbiers, Atlantic et l’entreprise de robotique Sepro à la Roche-sur-Yon etc.
Une entreprise française doit faire réussir la France dans son ensemble et cela se mesure à l’aune du territoire. Il ne faut pas pour autant bannir l’international ! Bien au contraire. Les agences de développement territorial l’ont bien compris, les ETI aussi : l’international reste le graal. C’est là que sont les relais de marchés. L’export est le nerf de la réussite commerciale.

 

 


Rendez-vous les 4 et 5 octobre à Parcours France. N’hésitez pas à consulter le programme !

Article réalisé en partenariat avec PARCOURS FRANCE

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